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CHSLD Herron: «Nous ne pourrons jamais boucler la boucle»

CHSLD Herron

Photo d’archives, Chantal Poirier

Des proches des aînés morts au CHSLD Herron déplorent le fait qu’ils n'obtiendront peut-être jamais de réponses à leurs questions, malgré trois semaines d’audiences du coroner et plus de 30 témoins entendus.  

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«Nous ne pourrons jamais boucler la boucle», a laissé tomber Peter Barrette, dont le père Leon est mort deux jours après son entrée au CHSLD Herron, dès le début de l’éclosion de COVID-19, le 27 mars. «Personne ne semble l’avoir évalué, l’avoir vu, et il est passé complètement inaperçu pendant son séjour à Herron», a relaté son fils. 

Enquête prolongée

D’autres proches ont évoqué les mêmes trous noirs dans les témoignages livrés depuis trois semaines. D’ailleurs, la coroner Géhane Kamel a demandé que l’enquête soit prolongée de trois jours à la fin octobre pour entendre d’autres personnes sur la tragédie où 47 résidents sont morts au printemps 2020. 

Elle a annoncé avoir «mal dormi» en raison des réponses insatisfaisantes ou de versions contradictoires entendues. 

La coroner a même réclamé de visionner les bandes vidéo des caméras de surveillance installées au Herron. Ces enregistrements sont dans les mains des policiers et, au départ, Mme Kamel ne croyait pas qu’ils seraient pertinents à son enquête. 

«L’enquête ne cherche pas une imputabilité absolue, mais la vérité. Et la vérité est aléatoire, dans ce dossier-là [...] J’ai le sentiment que, si j’étais une des familles touchées par cette tragédie, j’aurais l’impression de partir avec tellement de questions...» a-t-elle déclaré. 

Les proches des victimes d’Herron ont aussi affirmé à la coroner souhaiter que les CHSLD deviennent tous publics, M. Barrette estimant même que les personnes les plus vulnérables de notre société ne devraient jamais être au cœur d’une entreprise cherchant les profits. 

Pas de collaboration

Poursuivant son témoignage entamé la veille, la propriétaire du CHSLD Herron, Samantha Chowieri, du Groupe Katasa, a répété avoir offert son entière collaboration au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui mettait son établissement sous tutelle. 

Elle était «confuse» et «perdue» de recevoir des mises en demeure du CIUSSS. 

La tutelle est notamment survenue après que des résidents eurent été transportés à l’hôpital. «On savait qu’il y a un ordre de ne pas envoyer du monde à l’hôpital, mais les médecins et les infirmières ont pris la décision selon l’état des résidents», a-t-elle plaidé, ajoutant n’avoir jamais été consultée, laissant la décision aux professionnels. 

Malgré les besoins criants dans le CHSLD, les médecins de famille des résidents d’Herron ont refusé de se rendre sur place à sa demande et à celle du CIUSSS, a-t-elle dit. 

Hécatombe

Interrogée sur les raisons pour lesquelles une telle hécatombe est survenue à Herron, Mme Chowieri a souligné le manque de règles claires lors d’une tutelle. 

«On a vu une non-présence concrète [du CIUSSS] dans les jours qui ont suivi», a-t-elle dit. 

Lors des audiences, il a été démontré que plusieurs quarts de travail n’étaient pas comblés avec du personnel de soins suffisant au CHSLD. Mme Chowieri a répété que des employés s’étant fait dire de s’isoler après un appel au 8-1-1 refusaient de retourner au travail, même lorsqu’un responsable du CIUSSS les appelait. 

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