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Il faudrait tripler les primes majorées, selon la FIQ-SISSAT

Depuis l’annonce du gouvernement du Québec concernant son plan de ramener plus de 4000 infirmières dans le réseau public, certains professionnels de la santé doutent que les bonis promis soient suffisants pour mener une «petite révolution» dans toutes les régions.

La pénurie de personnel soignant qui frappe la province est surtout inquiétante à l’extérieur des grandes villes. Selon le président du syndicat interprofessionnel en soins de santé en Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT), il manque actuellement 270 infirmières pour offrir des services de base.

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Résultat, c’est de la main-d’œuvre indépendante qui prête main-forte aux travailleurs.

«Au total, elles sont 80 infirmières à offrir des soins en Abitibi présentement», a expliqué Jean-Sébastien Blais sur les ondes de LCN, vendredi après-midi.

Alors, comment mener une opération séduction entre Val-d’Or et Rouyn-Noranda? Blais croit qu’il faudrait au moins tripler le montant de la prime.

«Ça coûte entre 5000 et 8000$ un déménagement. Avec 3000$, les gens ne seront pas gagnants à venir s’installer dans notre région.»

«Est-ce qu’un montant de 10 000$, par exemple, leur donnerait envie de faire ce changement dans leur vie?.

Augmenter les primes

François Legault budgète près d’un milliard de dollars en primes pour inciter les infirmières, infirmières auxiliaires, perfusionnistes et inhalothérapeutes à occuper des postes à temps plein, tout en misant sur une meilleure qualité de vie. 

Pour toutes les infirmières à temps plein déjà dans le réseau, ainsi que celles à temps partiel qui postuleront sur un poste à temps plein, le cachet sera de 15 000$. Pour les infirmières qui sont à la retraite ou dans le secteur privé et qui obtiennent un poste à temps plein, le montant sera de 12 000$.  

Pour ce qui est de l'Outaouais, l'Abitibi, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord et le Nord du Québec, une prime additionnelle de 3000$ sera offerte pour les personnes qui acceptent de relocaliser dans ces régions problématiques. Mais celles-ci sont-elles toutes attrayantes? Voilà la préoccupation du FIQ-SISSAT.

«Si jamais le plan fonctionne et que ces gens ont envie de revenir dans le réseau public, on risque d’avoir un enjeu du fait que 3000 personnes proviennent d’autres régions que la nôtre.

«Est-ce que pour 3000$ supplémentaires, elles vont déménager avec leurs familles pour venir s’installer dans notre région? Je pense que ça ne sera pas suffisant pour les inciter à faire ce changement dans leur vie.»

Blais croit aussi que d’autres solutions s’offrent au ministère de la Santé pour être créatif dans son plan.

«Ça prendrait un statut particulier, propose-t-il. Notre région n’est pas considérée comme éloignée. On pourrait avoir des primes d’éloignement, qui existent déjà dans les conventions collectives. 

«Sinon des forfaits d’installation.»

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