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La ministre Guilbault lance l'escouade «CENTAURE»

La ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a annoncé aujourd’hui une énième tentative pour lutter contre la prolifération des armes à feu à Montréal : la création d’une escouade policière mixte. 

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Une vingtaine de policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) devraient en faire partie.

L’escouade, identifiée sous l’acronyme « CENTAURE » sera sous la direction de Benoit Dubé, directeur des enquêtes criminelles à la SQ, a-t-on pu apprendre.

Six des policiers qui se joindraient à l’escouade faisaient déjà partie d’une équipe de la SQ sur la Rive-Nord, connue sous « Gangs and Guns », qui avait vu le jour en 2020, mais qui n’avait pas livré de résultats substantiels jusqu’ici.

Ainsi, «CENTAURE» représente un investissement de 90 millions de dollars et l'ajout de 107 nouvelles ressources, dont 87 policiers. 

L'escouade aura pour but de travailler sur quatre axes, soit renforcer les corps de police par le déploiement d'équipes spécialisées, perturber l'approvisionnement illégal des armes à feu, soutenir l'intervention et le développement des connaissances et prévenir la criminalité. 

La ministre a d'ailleurs souligné l'apport de plusieurs corps policiers différents a cette escouade, dont l'Ontario Provincial Police, et les services policiers de plusieurs réserves autochtones du Québec. 

À la fin de son point de presse, la ministre Guilbault a tenu à s'adresser directement aux criminiels : «À vous tous qui possédez et utilisez des armes et qui ne devraient pas, où que vous soyez, qui que vous soyez, vous allez trouver nos policiers sur votre chemin.»

De son côté, la mairesse de Montréal Valérie Plante s'est réjouie de cette annonce. 

«Le fait que tous les corps policiers travaillent ensemble, dont ceux sur les réserves autochtones, pour moi, c'est une très très bonne nouvelle. Il faut pouvoir avoir un message clair et qui est le même peu importe si on est à la frontière ou dans les réserves autochtones, les armes, on n'en veut pas», s'est exprimée Valérie Plante.

«Je comprends très bien que les citoyens sont inquiets. Les citoyens remarquent une augmentation de la visibilité policière et il y a un travail d'enquête qui est fait», a précisé Caroline Bourgeois, responsable du dossier de la sécurité publique au comité exécutif de la métropole. 

Denis Coderre, candidat à la mairie de Montréal et ancien maire de la ville a affirmé aussi se réjouir de l'annonce du gouvernement, mais a profité de l'occasion pour critiquer l'administration de Mme Plante. 

«Ce que je remarque, c'est qu'encore une fois, la ville n'assume aucunement son leadership en matière de lutte contre la violence. Cette stratégie nationale démontre l'urgence d'agir pendant que la mairesse Plante se met la tête dans le sable», a lancé l'ancien maire par voie de communiqué.

Une escouade dysfonctionnelle  

Le 4 août, la ministre Geneviève Guilbault avait déjà annoncé une nouvelle escouade, l’Équipe intégrée de lutte au trafic d’armes (EILTA). 

Mais « EILTA n’a jamais vraiment existé », affirme l’une de nos sources policières. 

Dans les faits, trois policiers de la SQ et un chef d’équipe ont été prêtés au SPVM. Il n’y avait ni l’espace pouvant accueillir l’équipe, ni bureaux de travail, ni ordinateurs, ni suffisamment d’appareils de communication fonctionnant de la même façon, selon ce qu’il nous a été permis d’apprendre.

EILTA avait été placée au Centre d’enquête Est du SPVM, boulevard Langelier, même si ce centre fonctionnait déjà à plein régime.

« La décision prise par Geneviève Guilbault a été prise sous l’effet de la panique » en réponse à la flambée de fusillades, nous expliquent plusieurs sources policières.

Cascade de restructurations  

EILTA venait elle-même remplacer une escouade à l’acronyme similaire du SPVM, ELTA, qui avait été mise sur pied par le directeur de la police de Montréal, Sylvain Caron, en décembre 2020. 

Cette autre escouade comptait une dizaine de membres, affiliés au SPVM.

Et c’est sans compter les multiples restructurations au sein du SPVM, dont la création en 2017 de l’équipe Crimes de violence (CDV), qui venait remplacer plusieurs escouades spécialisées, notamment en matière de gangs de rue.

Plusieurs policiers à qui nous avons parlé dans les derniers jours préviennent que la gestion d’une équipe mixte comme celle qu’a annoncée la ministre ce matin est « très complexe ». 

Il ne faut donc pas s’attendre à des résultats immédiats, selon nos informateurs, car la SQ et le SPVM ont des méthodes de travail très différentes, notamment sur le plan des techniques de surveillance physique et du classement des documents.

– Avec Félix Séguin 

Celle-ci sera-t-elle la bonne ?  

La police a multiplié les nouvelles escouades, avec plus ou moins de succès, pour lutter contre la prolifération des armes à feu.

2017
Équipe Crimes de violence, du SPVM, après l’abolition d’escouades spécialisées.

2020
Escouade ELTA, du SPVM.

2020
Escouade Gangs and guns, de la SQ.

2021
Escouade mixte EILTA.

2021
Escouade mixte CENTAURE, annoncée ce matin.

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