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Enjeux autochtones: le défi de livrer la marchandise

Sur le front de la réconciliation avec les peuples autochtones, Justin Trudeau est le premier à reconnaître qu’il faut en faire «beaucoup plus». Comment poursuivre sur un chantier aussi vaste et complexe alors que les drapeaux canadiens d’un bout à l’autre du pays sont toujours en berne depuis les découvertes de restes sur les sites de pensionnats? 

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«Le gros défi, c’est de livrer la marchandise», a dit Sébastien Brodeur-Girard, professeur à l’École d'études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. «M. Trudeau a été élu en 2015 en faisant miroiter un changement d’attitude du gouvernement par rapport aux questions autochtones.»

Malgré certaines avancées symboliques, comme le choix de Jody Wilson-Raybould à la Justice en 2015 et celui plus récent de Mary Simon à titre de gouverneure générale, M. Brodeur-Girard estime que le gouvernement libéral traîne un déficit de crédibilité.

«En dépit des discours, on attend toujours des résultats concrets», a indiqué le spécialiste. «C’est certain qu’il faut poursuivre, et qu’il faut aller, des fois, au-delà des mots.»

L’accès à l’eau potable est un de ces enjeux «tangibles» qui revient souvent sur la table. Depuis son entrée au pouvoir, le gouvernement libéral a dépensé 4 milliards $ sur la question, permettant d’éliminer 109 avis à long terme d’ébullition d’eau. Le dossier progresse, mais aux élections de 2015, Justin Trudeau fixait comme objectif l’année 2021. La fin des avis est désormais prévue pour 2023.

La question du logement en est une autre: les communautés autochtones sont aux prises avec une crise du logement encore plus criante que dans les centres urbains. Dans la campagne, les libéraux se sont engagés à élaborer une stratégie dédiée et à mettre sur pied un centre national du logement autochtone.

«C’est souvent ça l’enjeu dans les communautés. On peut bien régler le problème de l’eau potable, mais tout le reste des infrastructures tombe en ruines ou n’est pas à la hauteur. Ça mérite une action coordonnée», a suggéré M. Brodeur-Girard.

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