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Les terrasses de La Havane revivent après neuf mois de fermeture

Assise en terrasse avec deux amies face à des boules de glace, ce dont elle rêvait depuis neuf mois, Himilcie Ruiz affiche un grand sourire: «On est très contentes de la réouverture» des restaurants de La Havane, assure-t-elle.

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Jeudi soir et presque par surprise, les autorités cubaines ont annoncé la réouverture «progressive», dès le lendemain, des restaurants et bars dans une grande partie du pays, ainsi que des services légaux et notariaux, tous fermés depuis janvier en raison de la pandémie de coronavirus.

Himilcie, étudiante en odontologie de 22 ans, a voulu en profiter dès vendredi matin.

«Avec ces nouvelles mesures, on peut profiter un peu plus, en faisant toujours attention, en nous protégeant avec un masque et en gardant nos distances», se réjouit-elle, vêtue de sa blouse blanche comme ses camarades, une pratique habituelle des médecins et étudiants en médecine dans les rues de Cuba.

Cette réouverture se justifie par le «processus de vaccination mené avec succès», a souligné la ministre du Commerce intérieur, Betsy Diaz, mais aussi la nécessité d'une «relance économique», a ajouté le gouverneur de La Havane, Reynaldo Garcia Zapata.

Elle est une première étape avant que Cuba rouvre en grand ses portes aux touristes étrangers, à partir du 15 novembre.

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Cuba, confronté à une hausse des contagions à la COVID-19 depuis deux mois, accumule 839 981 cas, dont 7 695 décès. Déjà 42,8% de ses 11,2 millions d'habitants sont immunisés avec des vaccins développés localement, non reconnus par l'OMS, l'objectif étant de dépasser les 90% d'ici novembre.

En 18 mois de pandémie, le pays est passé par plusieurs phases de fermeture puis réouverture des lieux publics. Mais tout est resté fermé depuis le 14 janvier dernier, avec couvre-feu inclus, de quoi lasser la population.

Vendredi, le glacier le plus célèbre de l'île, Coppelia, dans le quartier Vedado, était pris d'assaut par les clients, nombreux à faire la queue.

Ces derniers mois, ils ne pouvaient acheter qu'à emporter, désormais ils peuvent s'asseoir à la terrasse ombragée... s'ils ont réservé d'abord par téléphone, un mécanisme qui surprend alors que l'endroit est un classique lieu de rendez-vous improvisés entre les étudiants de l'université de La Havane, toute proche.

Les restaurants et bars autorisés à rouvrir doivent se plier à une inspection sanitaire et ne peuvent accueillir des clients qu'à 50% de leur capacité. Ils doivent aussi respecter un espace suffisant entre les tables et maintenir l'obligation du port du masque, qui reste également de rigueur dans les rues.

Dans le restaurant d'État «Mi Jardin», les employés nettoient et préparent les tables avant l'ouverture. Eduardo Carbonel, 49 ans, le maître d'hôtel, explique aux employés les mesures sanitaires à respecter, mais aussi «les nouveaux prix» à appliquer.

Car Cuba vit sa pire crise économique depuis 1993, en raison de l'absence de touristes et du renforcement de l'embargo américain. Ce qui l'a obligé à réduire drastiquement ses importations, aggravant les pénuries d'aliments et de médicaments.

AFP

À cela s'ajoute une réforme monétaire qui a fait s'envoler l'inflation, un coup dur pour les familles cubaines.

«Ici, tout est compliqué à cause de la situation du pays, mais nous on essaie de surmonter ça autant qu'on peut», confie Yurisbel Paneque, 40 ans, l'un des responsables du restaurant privé Rey & Gaby, où Himilcie et ses amies sont attablées.

«On a essayé de chercher par tous les moyens, en passant des contrats avec des entreprises d'État pour qu'elles nous fournissent des produits» pour le restaurant, raconte-t-il au milieu des tables remplies de clients.

Lundi est entrée en vigueur la loi autorisant les petites et moyennes entreprises, publiques comme privées, attendue depuis des années. Beaucoup de ces restaurants devraient franchir le pas, et doivent pour cela déposer des papiers chez le notaire.

Au cabinet notarial des rues 23 et J, le plus grand de la capitale, «l'affluence (du public) a déjà repris», constate Alexis Sanchez, 51 ans, l'administrateur.

«Ici on fournit tous les services notariaux: testaments, pouvoirs, achats et ventes de logements et de véhicules, déclarations sur l'honneur», autant de procédures paralysées pendant des mois et qui redémarrent enfin.

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