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Climat de terreur en Afghanistan: «Ils croient beaucoup dans le principe de rapport de force»

Les talibans ont récemment pendu un cadavre à une grue sur la place publique, et trois autres hommes ont subi un sort semblable dans la ville d’Hérat. «Ce n’est pas une campagne à travers le pays, mais des exemples comme ça sont en croissance», explique David Payne, ex-directeur de programme parlementaire en Afghanistan. 

Ceci montre un retour à des pratiques révolues, alors que les talibans disaient vouloir se tourner vers la modernité. 

«Ils croient beaucoup dans le principe de rapport de force», dit M. Payne. «J’ai des histoires qui arrivent à toute heure du jour et de la nuit à l’heure actuelle.»

Des groupes particulièrement touchés 

M. Payne explique qu'il est particulièrement préoccupé par les jeunes femmes, surtout les étudiantes de l’université, la classe politique, comme les hauts fonctionnaires de l’état et du gouvernement, ainsi que les minorités religieuses. 

«C’est à pleurer la situation des jeunes femmes», rajoute-t-il. «J’ai parlé à une étudiante de l’Université américaine de Kaboul. L’université est fermée et elle a eu la visite cinq fois de la part des talibans. C'est une jeune fille de 17 ans chassée par les talibans, terrorisée. On a essayé de la calmer pour qu’elle puisse sortir du pays et se réfugier.»

M. Payne souligne que juste pour avoir accès à l’aéroport, c’est un défi de taille. «S'ils sont vus par un taliban, leur sort est fini possiblement», dit-il. 

«On peut s’attendre au pire, parce que les talibans sont les héritiers d’une manière de faire pour intimider toute la population», explique-t-il. «J’ai mentionné trois groupes cibles, mais tout le monde vit dans la peur. La plupart des conseils de ministre ont quitté le pays, mais beaucoup de députés qui restent au pays sont pourchassés par les talibans constamment.»

La gestion par la violence et l'intimidation 

À Kaboul, les talibans sèment la terreur. 

«Il y a à peine quelques minutes, je parlais à quelqu’un qui s’est fait visiter la nuit passée par les talibans», raconte M. Payne. «Il a été arrêté et pris en otage pendant une demi-douzaine d’heures avant qu’un de nos amis plaide pour sa libération.»

Il raconte que l'événement s'est produit parce que les talibans ont des listes de fonctionnaires qui ont travaillé pour le gouvernement et les gouvernements étrangers. 

«Ce sont les ennemis des talibans. Ils ne vont pas les laisser partir, ils vont les poursuivre jusqu’à leur mort», dit M. Payne. 

Les talibans ne cherchent à être bien accueillis par le monde extérieur, selon lui. 

«Il y en a beaucoup qui ne sont pas éduqués ou rusés à propos de la diplomatie internationale», dit-il. «Ils gèrent par la violence et par l’intimidation.»

Selon l'ancien directeur de programme parlementaire en Afghanistan, le Canada n'est pas clair sur le rapatriement ni sur les actions posées en Afghanistan. 

«À l’heure actuelle, on n’entend rien du gouvernement fédéral, c'est comme si le problème n’existait pas», se désole-t-il. 

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