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Deux fois plus d’attente pour un permis de travail post-diplôme

Les diplômés étrangers, ayant obtenu leur diplôme au Canada, doivent attendre 128 jours en moyenne avant d’obtenir un permis de travail, a appris TVA Nouvelles.

C’est près de deux fois plus qu’en 2018, où les dossiers étaient traités en moyenne en 71 jours.

La situation exaspère le Conseil du patronat du Québec qui exhorte Québec et Ottawa à accélérer la cadence dans le traitement de ces candidatures. Pour les entrepreneurs, l’immigration est une partie de la solution à la pénurie de main-d'œuvre.

«Malheureusement, les délais rencontrés risquent de faire partir ces gens qui ne pourront pas nécessairement attendre un délai de quatre mois avant de recommencer à travailler pour obtenir leur bout de papier», a déploré le président et chef de direction du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn.

Thibault Brek se trouve dans ce cas de figure. Diplômé d'un DEP en ventes en mai dernier, il attend toujours son permis de travail. Bien qu’il ait techniquement le droit de travailler en attendant que son dossier soit statué, la plupart des employeurs refusent de l’embaucher tant que sa situation ne sera pas régularisée.

«Je suis très stressé, très angoissé par rapport à cette demande, raconte M. Brek. [...] Je ne suis pas venu pour toucher des aides, je suis venu pour travailler. On m’a vendu une image du Québec où je pourrais travailler rapidement, facilement, en pleine pénurie de main-d'œuvre. Aujourd’hui, on me dit: “Vous n’avez pas les papiers. Vous ne pouvez pas travailler”»,

Plusieurs travailleurs dans des domaines en demande sont confrontés à des temps de traitement beaucoup plus élevés.

C’est encore plus long au Québec où le certificat d’attestation du Québec (CAQ) ajoute 21 jours de délais aux demandes. Selon des avocats en droit de l’immigration consultés par TVA Nouvelles, cette étape supplémentaire allonge l’attente dans la belle province.

«La mobilité internationale ne cessera pas. Elle va juste augmenter. Donc, il faut être prêt à faire face à ça, parce que sinon, on va perdre les bons talents, on va perdre les bonnes personnes. On va se ramasser avec les moins bonnes personnes qui vont se dire, bien moi, je vais attendre, parce que je n’ai pas d’autres choix que le Québec», croit l’avocat en droit de l’immigration, Jean-Sébastien Boudreault.

Québec rétorque que le problème découle du fédéral.

«Rappelons que l’octroi de tous permis de travail incombe au gouvernement fédéral. Par ailleurs, nous avons conclu une entente avec le gouvernement fédéral au mois d’août pour les travailleurs temporaires qui permettent de faciliter les démarches des travailleurs étrangers et des entreprises dans leur recherche de main-d’œuvre», soutient par courriel le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration suppléant, Jean Boulet.

Au moment d’écrire ses lignes, Ottawa n’avait pas répondu à la demande d’entrevue de TVA Nouvelles.

Journées avant l’obtention d'un permis de travail en 2018 par rapport à juillet 2021, selon les différents métiers.

Débosseleur/réparateur de carrosserie

2018: 37 jours

2021: 259 jours

Ingénieur civil

2018:22 jours

2021:76 jours

Opérateur de machines de procédés industriels en transformation des aliments

2018: 26 jours

2021: 147 jours

Sage-femme

2018: 49 jours

2021: 145 jours

Source: IRCC

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