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La fermeture de l’urgence de Senneterre: une décision qui met à risque la santé de toute une population

La semaine dernière, la communauté tissée serrée de Senneterre a appris en conférence de presse que son centre de services d’urgence allait fermer 16 heures par jour, et ce, imminemment. Cette décision a été prise dans la meilleure tradition du réseau de la santé : à partir d’en haut et dans le dos du milieu concerné. Les conséquences désastreuses immédiates et à long terme de fermer l’urgence de Senneterre, ne serait-ce que partiellement, ont très mal été évaluées et nous en sommes particulièrement inquiets.  

Durant nos années de pratique, nous avons eu à effectuer des accouchements d’urgence à de nombreuses reprises, souvent la nuit. Dans la vie, il est impossible de tout prévoir et parfois ça se passe très vite : trop vite pour avoir le temps de se rendre à 70-80 km de chez nous. Et que dire aussi de ces nuits où les routes étaient tellement glacées que même l’ambulance a dû attendre plusieurs heures avant d’effectuer le transfert en milieu hospitalier d’une mère et de son nouveau-né.   

  • Écoutez la présidente de la FIQ, Nancy Bédard avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

La fermeture entraînera également des situations impossibles où des gens ne pourront pas se rendre à un hôpital pour recevoir des soins urgents parce qu’il n’y a même pas de taxi en opération la nuit à Senneterre. C’est sans parler qu’avec les horaires de faction des ambulanciers, il y a un risque important de découverture ambulancière durant les heures proposées de la fermeture de l’urgence. 

Personnel engagé et mobilisé  

Le personnel soignant a toujours répondu présent aux besoins pressants des employés des usines qui travaillent 24/7 et qui peuvent avoir des accidents graves. Le service d’urgence est également crucial pour les grands-parents de nos résidences de personnes âgées qui souffrent d’un problème pulmonaire au milieu de la nuit ou encore pour les hockeyeurs amateurs qui tombent en infarctus lors d’un match en soirée. Et selon nos échos sur le terrain, le personnel infirmier local n’est pas en crise; le sentiment d’appartenance y est pour beaucoup. 

« Ça me déchire par en-dedans de savoir que les citoyens ne pourront pas bénéficier de soins médicaux 24/7. C’est leur vie et leur santé qui sont mises en danger », nous a dit une infirmière qui travaille à l’urgence depuis 6 ans. 

« Le temps supplémentaire n’est pas obligatoire chez nous. Personnellement, j’en fais de façon volontaire parce que j’aime mon emploi, j’aime ma chef de service, j’aime mes collègues et j’aime la population de Senneterre », nous a raconté sa collègue. 

« Une femme enceinte décède en ambulance avant d’atteindre l’hôpital de Val-d’Or. » Attendrons-nous de lire ce titre fictif dans les journaux avant de réaliser que la fermeture des urgences de la ville est non seulement une très mauvaise idée, mais un risque réel pour la santé de notre population? Même la ville de Val-d’Or a admis ne pas pouvoir recevoir le flot de patients qu’une telle fermeture implique. 

Monsieur le ministre Dubé et le premier ministre Legault, il est encore temps d’agir avant d’éviter le pire. Maintenons nos services et continuons de desservir, jour et nuit, tous ceux qui ont besoin d’assistance médicale à Senneterre. 

Dr Louis Cossette, Dr Jocelyne Denis, Dr Jean-Luc Dutoy et Dr Jean-Marie Lambert,

Des médecins ayant pratiqué plusieurs décennies au centre de services de Senneterre

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