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Lac-Mégantic: le convoi était surnommé la «bombe ambulante»

Les proches des victimes du train qui a déraillé à Lac-Mégantic, en Estrie, ont appris aujourd'hui de la bouche d'un contrôleur de la circulation ferroviaire que le train était surnommé «la bombe ambulante» avant la tragédie.

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Cette révélation troublante est survenue à la troisième journée du procès civil contre le Canadian Pacifique qui avait sous-traité le transport du pétrole à l’entreprise Montreal, Maine & Atlantic (MMA) pour le trajet entre Montréal et le Nouveau-Brunswick.

Trois employés de la MMA avaient surnommé les convois de pétrole, comme celui transporté par Thomas Harding le 5 juillet 201, ainsi en raison des matières dangereuses transportées, de l'état des rails et des locomotives, a mentionné Richard Labrie, contrôleur de la circulation ferroviaire en fonction le soir et la nuit des tragiques événements.

Quand il y avait des bris mineurs, ça prenait une éternité avant que les réparations soient effectuées, a témoigné

M. Labrie.

Informé que les pompiers étaient intervenus pour éteindre un incendie dans la locomotive de tête en fin de soirée, et qu'ils avaient coupé l'alimentation du moteur, il a communiqué avec Tom Harding.

Les deux ont décidé qu'il ne servait à rien de repartir une seconde locomotive.

Les freins à air désactivés, les freins à main appliqués étaient en nombre insuffisants pour maintenir le convoi en place.

Un train laissé sans surveillance n'est pas supposé bouger. Les freins à main doivent être en mesure de retenir un train.

Le Tribunal a ensuite procédé à l'écoute des conversations téléphoniques entre M. Labrie, Thomas Harding et d'autres employés de l'entreprise dans les heures qui ont suivi les explosions au centre-ville.

Le déraillement s'est produit vers 1 h 14.

Thomas Harding pensait que le feu qui ravageait une partie du centre-ville était dû à une fuite de gaz naturel.

Ce n'est que vers 2 h 30 que le contrôleur ferroviaire Richard Labrie recevra l'appel d'un chauffeur de taxi l'informant qu'un témoin avait vu les citernes de pétrole passer à vive allure vers le centre-ville.

Quand il apprend la nouvelle au directeur de l'exploitation Jean Demaître, les deux demeurent incrédules devant l'ampleur de la situation.

Jean Demaître a cru que Thomas Harding n'avait probablement pas sécurisé le train de manière adéquate en ne mettant pas des freins à main sur suffisamment de wagons.

Harding dira finalement qu'il n'en avait mis que sept.

Un train laissé sans surveillance n'est pas supposé bouger. Les freins à main doivent retenir un train.

Selon Richard Labrie, c'est au moins dix freins à main que ça aurait pris au minimum. On ne peut pas se fier uniquement à ce qui est écrit dans les règlements, surtout avec un convoi d’un poids de 11 à 12 000 tonnes et avec la présence d'une pente.

Demain, ce sera au tour de Jean Demaître de témoigner.

Le juge Martin Bureau de la Cour Supérieure a par ailleurs rejeté la requête des procureurs du recours collectif qui souhaitait faire entendre une enquêteuse du Bureau de la sécurité des transports du Canada sur la nature du pétrole entreposé dans les wagons-citernes.

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