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Joyce Echaquan, un an plus tard: le drame d'une famille de 7 enfants

À Manawan, personne n'a oublié le décès tragique d'une des leurs. Le 28 septembre 2020, le décès de Joyce Echaquan ébranlait le Québec en entier.

• À lire aussi: Affaire Joyce Echaquan: des changements à pas de tortue

La mère atikamekw, âgée de 37 ans, est décédée à l'hôpital de Joliette dans des circonstances tragiques. Agonisante, elle s'est filmée en suppliant pour avoir de l'aide. 

À travers ses plaintes et gémissements, on entend le personnel soignant l'insulter. Joyce Echaquan est depuis devenu un symbole fort de la lutte contre le racisme envers les Premières Nations. 

Aux premières loges de ce drame, Carol Dubé, le conjoint de Joyce et ses sept enfants.

«C'est grâce à mes enfants que je suis encore debout»   

La maison familiale regorge de vie, le père endeuillé a à sa charge 6 enfants âgés de 1 an et demi à 18 ans. L'aînée de la famille ne vit plus à Manawan, étant elle-même devenue mère.

«On est obligé de continuer. C'est grâce à mes enfants que je suis encore debout. Si on n’avait pas eu d'enfant, je pense que je l'aurais suivi», dit le père qui ne cache pas sa peine.

Le petit dernier, Carol Junior, n'avait que 6 mois quand sa maman est décédée. Aujourd'hui, le petit bonhomme commence à peine à marcher. 

«Il va bien, c'est mon énergie. Je trouve ça tellement triste qui ne connaisse pas sa maman», témoigne le papa, étouffant un sanglot dans sa voix. 

Partout dans la demeure, on voit des photos de familles, et des dizaines de représentations de la mère partie trop vite; sur des cierges, des toiles, des photos, et d'autres objets artisanaux. 

«On a une bonne communauté, les gens sont solidaires. Je crois qu'on ne s'en tire pas si mal», dit le père résilient.

Rendez-vous quotidien au cimetière   

Au cimetière, une croix en bois avec un coeur où le visage de Joyce est sculpté est bien en vue. C'est un endroit où Carol Dubé vient presque quotidiennement se recueillir.

«Je me sens triste quand je viens ici, mais ça me fait du bien. J'essaie de venir tous les jours. Je lui raconte ma journée, nos projets». 

Il y a un an Carol Dubé perdait sa complice des 23 dernières années. Cette fois, Jessica, 9 ans et Lucas, 7 ans, l'accompagnent. «J'aimerais dire à maman que je l'aime fort», s'exprime la fillette, avant d'enlacer la croix.

La vidéo qui a tout changé   

La vidéo filmée par Joyce Echaquan, de son lit d'hôpital, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux. 

S'il est difficile pour le public de regarder ces images et d'entendre les propos dégradants du personnel de soin, pour la famille, chaque visionnement à l'effet d'un coup de poignard. 

Ce qui ajoute à l'horreur, et ce, peu de gens le savent, c'est que c'est un des enfants du couple, Thomas James, alors âgé de 16 ans qui rentré de l'école en catastrophe pour prévenir son père. 

On connait la suite, ils ont assisté impuissant au décès de l'être cher.

«Je vais porter la voix de Joyce pour le reste de ma vie»   

Carol Dubé souhaite que les choses changent et que le gouvernement provincial adopte lui aussi le Principe de Joyce qui vise à garantir des soins de santé équitable et sans discrimination aux Premières Nations. 

À ce jour, le gouvernement fédéral, le Collège des médecins et l'Ordre des infirmiers et infirmières du Québec sont de ceux qui l'ont appuyé. 

 Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Vivane Michel, présidente de l’association Femmes autochtones du Québec, sur QUB radio:

«J'aimerais lui dire au premier ministre Legault qu'il a l'occasion de faire changer les choses. Nous, on ne laissera jamais la voix de Joyce s'éteindre. (...) Je sens que je dois faire quelque chose. Je vais continuer d'être sa voix pour le reste de ma vie.»

La famille Echaquan-Dubé attend aussi impatiemment le dépôt du rapport de la coroner Géhane Kamel, qui devrait être dévoilé au cours des prochaines semaines, voire des prochains jours. 

«Je veux que la vérité sorte. On a encore tant de questions.»

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