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Joyce Echaquan : la commémoration vire à la chicane au Salon bleu

La commémoration du décès de Joyce Echaquan est tournée à la foire d'empoigne au Salon bleu mardi lorsque François Legault a décidé d’attaquer le député libéral Gregory Kelley.

Pressé par le Parti libéral du Québec et Québec solidaire de reconnaître le principe de Joyce, qui vise à garantir à tous les Autochtones le droit d'accès équitable et sans discrimination aux soins de santé, le premier ministre a dit être d’accord «en principe».

Toutefois, il refuse de l’adopter puisqu’on y fait référence au racisme systémique, un concept qu’il rejette toujours.

«Là où j'ai un problème, c'est quand on voit une vidéo du député de Jacques-Cartier (Gregory Kelley) qui fait un amalgame entre Joyce Echaquan [et le projet de loi 96 sur la réforme de la loi 101]», a-t-il ensuite lancé avant d’être coupé par des protestations des banquettes de l’opposition.

François Legault faisait alors référence à la vidéo d’un discours du député Gregory Kelley dans un rassemblement de Black Lives Matters le 12 juin dernier et diffusé par TVA Nouvelles mardi.

Dans une énumération de critiques à l’endroit des gestes posés par le gouvernement Legault, l’élu libéral cite le peu de mesures mises en place à la suite du décès de Joyce Echaquan et l’utilisation de la clause dérogatoire par le gouvernement Legault dans le cadre du projet de loi 96.

«Je suis outré que le premier ministre choisisse cette question-là sur le principe de Joyce, sur la réalité que vivent les peuples autochtones au Québec, sur la réalité que vivent les sept enfants [de Joyce Echaquan] pour s'en prendre à la conduite d'un député qui n'a absolument rien à se reprocher», lui rétorqué le leader parlementaire libéral, André Fortin.

De son côté, le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a reproché au premier ministre de «bloquer sur les mots» et, ce faisant, de «retarder le nécessaire processus de guérison» avec les peuples autochtones.

Visiblement choquée, sa collègue Manon Massée, très intéressée par les enjeux touchant les Premières nations, s’est levée pour se réfugier dans l’antichambre du Salon bleu.

Plus tôt, en conférence de presse, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a déploré le fait que seulement 1 % des employés du réseau de la santé ont suivi la formation obligatoire mise en place dans la foulée du décès de Joyce Echaquan.

«On peut bien dire que tout le temps du personnel a été mis pour la COVID, etc., mais pour moi ce n'est pas acceptable», a-t-il déclaré au sujet des chiffres rapportés par «La Presse».

Rappelons que Joyce Echaquan, une femme attikamek de 37 ans, est décédé il y a un an à l’hôpital de Joliette sous les insultes racistes de membres du personnel soignant. Une vidéo, filmée par Mme Echaquan quelques instants avant son décès, a causé un véritable électro-choc au Québec.

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