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Wall Street termine sur un sévère repli face à une montée des taux

La Bourse, Palais Brongniart, Paris

Bruno Bleu - stock.adobe.com

La Bourse de New York a conclu sur un sévère repli mardi, en route pour son pire mois depuis un an, lestée par une montée des taux obligataires qui se préparent à une réduction prochaine du soutien de la Banque centrale américaine (Fed) à l'économie.

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Selon des résultats définitifs à la clôture, l'indice Dow Jones a abandonné 1,63% à 34 299,99 points. Le Nasdaq, où se concentrent les valeurs technologiques très sensibles à la hausse de taux, a chuté de 2,83% à 14 546,68 points. Le S&P 500 a perdu 2,04% à 4 352,63 points.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans s'élevaient à 1,54%, un plus haut en trois mois, contre 1,48% la veille, après être montés jusqu'à 1,56% en séance.

Spectre d'une diminution prochaine des achats d'actifs de la Banque centrale (Fed), impasse autour du plafond de la dette, inquiétude sur la persistance de l'inflation, les opérateurs avaient de multiples raisons pour une nouvelle séance volatile à Wall Street.

«Cette liquidation aujourd'hui, provoquée par les taux d'intérêt, rappelle quel a été l'impact de la relance monétaire de la Fed, alors que la Banque centrale a signalé une réduction rapide de ses mesures de soutien», soulignait Charlie Ripley, stratégiste en investissements pour Allianz Investment Management.

La Fed, qui achète depuis le début de la crise liée à la pandémie pour 120 milliards de dollars par mois de bons du Trésor et autres titres, a laissé entendre lors de sa réunion monétaire la semaine dernière qu'elle allait bientôt réduire cette manne de liquidités.

Devant une commission du Sénat, le patron de la Banque centrale Jerome Powell n'a en outre pas caché mardi que l'inflation, provoquée notamment par les problèmes d'approvisionnements industriels après la pandémie, «était élevée et le resterait probablement dans les mois qui viennent». Il a continué à promettre toutefois que la hausse des prix décélèrerait ensuite.

Dans le sillage de la montée des taux, le dollar a grimpé à un plus haut en dix mois face aux principales monnaies.

La saga au Congrès autour du plafond de la dette a commencé aussi à inquiéter les marchés alors que la secrétaire au Trésor Janet Yellen a annoncé devant cette même commission que les États-Unis seraient à court de ressources le 18 octobre si ce plafond n'est pas relevé.

Elle a mis en garde contre les conséquences «désastreuses» d'un défaut de paiement américain, jamais intervenu dans l'histoire.

Sur le front macro-économique, un indice de confiance des consommateurs décevant a ajouté à la nervosité.

Le moral des ménages américains, mesuré par le Conference Board, a de nouveau reculé en septembre, s'affichant au plus bas depuis février, signe des inquiétudes grandissantes autour de la pandémie, des perspectives de croissance et des risques d'inflation.

Les titres technologiques ont mené la baisse, étant très sensibles à la hausse rapide des taux obligataires. Celle-ci rogne en effet la future trésorerie de ces groupes et leur capacité à financer leur croissance et leurs rachats d'actions.

Facebook a chuté de 3,66% à 340,65 dollars, Amazon de 2,64% à 3 315,96 dollars et Alphabet (Google) de 3,76% à 2 723,68 dollars pour ne citer que quelques grands noms de la tech.

Ébranlée par les problèmes dans la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs, le fabricant Nvidia a lâché 4,48% à 206,90 dollars et AMD a perdu 6,14% à 101,52 dollars.

Le constructeur Ford a été en revanche salué (+1,06% à 14,31 dollars) après avoir annoncé investir 11,4 milliards de dollars dans deux sites pour construire des véhicules électriques.

Le secteur énergétique, qui avait déjà profité d'un bond la veille dans le sillage d'une vive hausse des prix du brut, était le seul à sortir son épingle du jeu mardi (+0,46%). Le groupe de services pétroliers Schlumberger a terminé en hausse de 2,38%, Halliburton a avancé de 1,13%.

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