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«Résidences maudites» : des maisons aux sombres passés

Déménageriez-vous dans une maison ayant appartenu à Maurice «Mom» Boucher, Luka Rocco Magnotta ou la famille Rizzutto? Dans une demeure ayant été le théâtre d’un meurtre ou d’un suicide? Un tel achat constitue-t-il un investissement prometteur ou une perte assurée? 

La série «Résidences maudites», que la chaîne CASA lance le lundi 4 octobre, explore un créneau rarement scruté à la télévision, laquelle préfère souvent montrer de somptueuses transformations déco que les vices cachés qu’elles camouflent : celui des chaumières aux passés troubles. 

Les courtiers immobiliers Mélanie Bergeron et Yanic Parent animent cette sobre incursion dans ce monde méconnu, qu’ils qualifient de véritable documentaire aux «histoires humaines exceptionnelles et lumineuses», nullement «trash», et qui n’a rien d’une téléréalité non plus. Tant les aspects émotifs qu’hypothécaires de telles transactions sont analysés dans les épisodes, notamment au moyen d’avis de spécialistes. 

«On voit souvent le côté glamour de l’immobilier, les rénos, le "bling-bling", remarque Mélanie Bergeron. Mais la réalité, sur le "plancher des vaches", c’est qu’il y en a, des dossiers comme ça. Il y a des gens qui décèdent de façon tragique dans des maisons, qui s’enlèvent la vie, par exemple. Et ces drames, il faut les déclarer.» 

Photo Courtoisie, Casa

Changements de vies   

Mélanie Bergeron et Yanic Parent auraient pu aborder dans leurs anciennes carrières les situations qu’ils racontent dans «Résidences maudites». Elle, ex-journaliste et chef d’antenne, a officié à TVA et LCN pendant 16 ans, tandis que lui a été confronté aux pires horreurs pendant 23 ans comme policier. 

Tous deux entretenaient une passion pour l’immobilier en parallèle de leur gagne-pain principal : ils achetaient et revendaient des immeubles à revenus, et ont suivi un cours de courtage pour le plaisir. 

Le couple a finalement choisi, il y a trois ans, de transformer son passe-temps en métier et ne regrette aucunement son choix. Les habiletés acquises dans leurs précédentes vies les ont outillés pour des projets délicats comme «Résidences maudites». 

«On est habitués de côtoyer des gens lors de drames, et on sait comment approcher les gens avec beaucoup de respect», indique Mélanie Bergeron. 

Photo Courtoisie, Casa

Projet difficile   

Le tandem a déterré des dossiers médiatisés («Mom» Boucher, Magnotta, le terrain de l’écrasement de l’avion de Jean Lapierre, etc) pour donner corps à son concept, et a aussi déniché des récits encore anonymes, comme celui de résidents d’un parc immobilier en Estrie, expropriés d’inélégante et illégale façon. Un suicide a même résulté de l’événement. 

C’est généralement en allant cogner aux portes et en parlant aux gens de vive voix que Mélanie Bergeron et Yanic Parent ont convaincu leurs interlocuteurs de «Résidences maudites» d’expliquer leurs décisions d’acheter des propriétés louches. Décisions motivées beaucoup plus souvent par l’emplacement dudit logis et ses qualités que par l’influence de ses anciens occupants. 

Bien sûr, l’équipe s’est aussi parfois butée à des refus de collaboration. D’autres ont été ardus à convaincre de témoigner. 

«Ç’a été un projet extrêmement difficile, insiste Yanic Parent. On faisait peur aux gens avec le titre de l’émission. On s’est promenés, on a fait du porte-à-porte. Ça prenait beaucoup d’empathie. Même si, humblement, on a vu beaucoup de choses dans nos vies, Mélanie et moi, on est sortis de certains tournages troublés, attristés ou même marqués pendant plusieurs jours.» 

«Mais on a aussi été accueillis par des personnes extraordinaires, poursuit l’homme. Les téléspectateurs vont découvrir des protagonistes attachants, qui nous ont ouvert leur maison, et leur cœur également. Ç’a été toute une expérience!» 

«Résidences maudites», le lundi, à 21 h, à CASA, dès le 4 octobre.

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