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Fraudeurs de la PCU: un gouvernement qui a «trop attendu» avant d’agir

Vol d’identité

Photo d'archives Ben Pelosse

Le gouvernement a «trop attendu» avant d’agir pour déclencher les enquêtes nécessaires afin de mettre fin au jeu des fraudeurs de la Prestation canadienne d’urgence (PCU), estime la Fédération canadienne des contribuables FCC.

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«Le gouvernement savait qu'il y avait certaines irrégularités et n'a rien fait», a déclaré vendredi Franco Terrazzano le nouveau directeur fédéral de la FCC.

«On comprend qu'il y avait une urgence pour soutenir les citoyens au début de la pandémie, mais les contribuables auraient pu épargner des sommes substantielles si ces enquêtes avaient commencé plus tôt. Le gouvernement doit absolument travailler à récupérer chaque dollar qui a été fraudé», a-t-il fait savoir dans un courriel.

Vendredi, le Bureau d’enquête a révélé qu’il était très facile pour les fraudeurs d’exploiter le site de l’Agence du revenu du Canada (ARC) afin de réclamer la PCU.

Le gouvernement fédéral, autant du côté de l’ARC qu’au Conseil du Trésor, n’a pas répondu aux questions de l’Agence QMI vendredi.

À un moment où le besoin pour une aide d’urgence se faisait sentir, dans les premières semaines de la pandémie, le gouvernement a décidé de rayer une question de sécurité pourtant cruciale: le nom de jeune fille de la mère à la naissance. Le but était de faciliter le processus de demande afin d'offrir l'aide le plus rapidement possible.

Comme le révèle le Bureau, il était aussi possible pour les fraudeurs de changer les informations bancaires du requérant sans que cela ne soit soulevé par les agents de l’assurance-emploi.

«[Le gouvernement] a attendu beaucoup trop longtemps avant de commencer à faire les enquêtes nécessaires pour essayer d’établir à ce que chaque personne qui a reçu la PCU était bel et bien la personne qui demandait la PCU», a déclaré Renaud Brassard, porte-parole de la FCC.

Dès le mois de mai 2020, la FCC se préoccupait du manque de supervision faite par le gouvernement et craignait un réel bar ouvert.

«Ce qui est inquiétant, c'est qu'ils n'essaient même pas de réprimer les abus», avait dit l’ancien directeur fédéral de la FCC Aaron Wudrick au mois de mai 2020 lors d’une entrevue à la radio de Vancouver NEWS 1130.

«Je comprends que, compte tenu des circonstances, ils puissent avoir à sortir l'argent d'abord et à poser des questions ensuite. Mais ils devraient quand même poser des questions», craignait-il alors.

«Le Bloc Québécois a, à maintes reprises, demandé au gouvernement de renforcer la sécurité et les contrôles d’identité en ligne afin notamment de contrer les fraudes liées à la PCU. Or, le gouvernement libéral n’a pas pris suffisamment au sérieux le problème et a préféré dans certains cas pénaliser les fraudés plutôt que de s’attaquer aux fraudeurs. Ce n’est malheureusement pas la première controverse à laquelle Service Canada fait face et ce ne sera pas la dernière tant et aussi longtemps que ces contrôles ne seront pas renforcés», a pour sa part indiqué l’attaché au cabinet du Bloc québécois, Julien Coulombe-Bonnafous.

Personne n’est en mesure de chiffrer les sommes perdues à travers la fraude à la PCU, ni le gouvernement, ni les corps de police.

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