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«C’est sûr que le racisme systémique affecte les services que les autochtones reçoivent»

Les conclusions et les recommandations de la coroner Géhane Kamel à propos du décès de Joyce Echaquan ont été dévoilées vendredi. La première recommandation, c’est de reconnaître le racisme systémique dans les institutions québécoises. C'est une mesure importante, selon Georgia Vrakas, professeure au département de psychoéducation de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). 

• À lire aussi: Le racisme a contribué à la mort de Joyce Echaquan

«C’est sûr que le racisme systémique affecte les services que les autochtones reçoivent, mais ça affecte aussi l’accès aux services», dit Mme Vrakas. «On a vu que les gens avaient peur d’aller à cet hôpital-là parce qu'ils savaient comment ils allaient être traités, donc c’est sûr que la première étape c’est de reconnaître le racisme systémique. Les autochtones disent ce dont ils ont besoin, et notre travail c’est d’écouter ce qu’ils ont à dire.» 

La conclusion du rapport, c'est que le décès de Joyce Echaquan était accidentel, mais que le racisme systémique y a contribué. 

«Tout de suite en partant, elle a été catégorisée comme narcodépendante», rappelle Mme Vrakas. «Les préjugés face aux personnes autochtones sont très tenaces et insidieux.»

La professeure espère sincèrement que les recommandations de la coroner vont changer la perspective des gens en ce qui concerne le racisme systémique en lien avec les autochtones. 

«Ce qui est triste, c’est qu’on avait la vidéo, on avait des preuves, mais c’était facile de dire que c’est la faute de l’infirmière, mais il faut regarder au-delà dans le système. Dans le système, c’était accepté et acceptable, d’où l’importance de reconnaître le racisme systémique.»

Selon la professeure, le fait que le gouvernement Legault nie l'existence du racisme systémique au Québec a un impact négatif. 

«François Legault est notre premier ministre, donc si ça vient de lui, le message est clair. ‘’Je ne crois pas que ça existe, et ça n’existe pas,’’ donc les solutions proposées ne vont pas répondre au vrai problème», se désole-t-elle. 

«Les mots comptent», ajoute-t-elle. «Si les gens opprimés qui sont concernés par ce type de racisme disent que c’est du racisme systémique et qu'on refuse catégoriquement de l’accepter, on dit à ces personnes-là que ce qu’ils nous partagent, ça ne compte pas.»

Des recommandations ignorées

Les recommandations de la coroner incluent aussi un volet au niveau de l’éducation, entre autres en ajoutant des stages dans les communautés autochtones et des formations concernant la réalité autochtone. 

Un an après le drame, seulement un pour cent des employés l’Hôpital de Joliette ont suivi la formation. 

C'est décevant, selon Mme Vrakas. 

«Il y a une responsabilité qui vient d’en haut, de s’assurer que le personnel est formé», note-t-elle. «Oui, il y a plein de choses en ce moment qui se passent, mais on ne peut pas tasser ça. Il faut que la réalité autochtone soit considérée aussi importante que tout le reste.»

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