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Le projet de loi 59 discrimine les femmes, selon une experte

Le projet de loi 59, la Réforme du régime de santé et sécurité au travail, a été adopté jeudi, mais ne fait pas l'unanimité. Selon Cynthia Beaulieu, chargée de formation et de mobilisation au Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT), le projet de loi est discriminatoire. 

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«On avait des secteurs où on juge que le danger est imminent, des secteurs moyens, et on des secteurs à faibles risques», explique-t-elle. 

«Il faut dire que 70% des femmes se retrouvaient dans les risques faibles, donc nous, où on est déçues, c’est dans la non-reconnaissance des lésions psychologiques et des troubles musculosquelettiques.»

Pour les lésions psychologiques, on parle d’épuisement professionnel, de stress, ou de dépression, alors qu'au niveau des troubles musculosquelettiques, il s'agit de pépins de santé comme les tendinites, les maux de dos et l’épuisement professionnel, qui cause d'ailleurs une pénurie de main-d’œuvre. 

Les secteurs féminins sont particulièrement à risque de développer ce type de soucis de santé. On pense notamment aux infirmières, qui souffrent d'épuisement professionnel, aux enseignantes, qui portent le poids au niveau des établissements scolaires, aux préposées aux bénéficiaires et aux éducatrices de CPE.

Selon Mme Beaulieu, plusieurs femmes pourraient se retrouver dans des situations où elles devront abandonner leur travail parce qu’il n’y a pas de prévention. 

«Il y a une non-reconnaissance du travail féminin ou des milieux où il y a beaucoup de femmes», souligne Mme Beaulieu. 

Lorsque le CIAFT a noté que le projet de loi contenait des critères sexistes, le ministre a décidé de les retirer. C'est maintenant la CNESST qui se penche sur la question.

«Au niveau de la CNESST, on a un trois ans devant nous pour les mécanismes de prévention», précise Mme Beaulieu. «On aura par ailleurs des représentants au niveau syndical, des représentants du patronat et nous, comme organisme dans la défense des droits des femmes, on va faire notre travail et on va s’assurer que la CNESST utilise l’analyse différenciée selon les sexes, parce que les données on les a et on voit les choses à travers cette lentille-là.» 

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