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Une Place de la réconciliation pour remplacer la Place du Canada, propose Coderre

Denis Thériault / Agence QMI

La Place du Canada devrait devenir une Place de la réconciliation avec les peuples autochtones, a proposé lundi Denis Coderre.

Le candidat à la mairie a lancé cette idée en revenant sur la controverse autour de la statue de John A. Macdonald, régulièrement vandalisée par des militants, dans le cadre d’une discussion à Culture Montréal, à laquelle sa principale adversaire et mairesse sortante, Valérie Plante, était également conviée.

«Le problème n’est peut-être pas la statue, mais le piédestal qui vient avec. C’est peut-être d’en faire un centre de réflexion, où on pourrait aussi avoir une statue de Louis Riel. Tout ça, dans un sens de respect», a-t-il expliqué, en ajoutant que l’endroit pourrait également accueillir une place de recueillement pour «aider les gens à cheminer».

Jeudi dernier, au cours d’une mêlée de presse M. Coderre s’était prononcé sur la place de la statue de John A. Macdonald, dans le cadre de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Il avait alors mentionné qu’elle reviendrait à sa place, mais avec une plaque explicative.

Pour rappel, en août 2020, la statue avait été décapitée et arrachée de son socle par des manifestants. Elle a aussi régulièrement été aspergée de peinture par le passé, John A. Macdonald étant à la fois le premier premier ministre du Canada et l’un des principaux artisans du système des pensionnats autochtones.

«On va expliquer ce qui est arrivé réellement et on va reconnaître ce qui s’est passé», a-t-il expliqué. Il ajoute espérer que cette place puisse devenir un nouveau symbole fort pour rapprocher la Ville des peuples autochtones.

M. Coderre a précisé lundi que la statue ne reviendrait pas nécessairement sur son ancien socle. «On n’efface pas l’histoire, mais on ne la met pas sur un piédestal. Y a-t-il une façon de se rappeler, sans célébrer la personne, et d’utiliser cette opportunité pour en faire un outil d’apprentissage», s’est-il interrogé.

Il a également rappelé que la question de la réconciliation avec les peuples autochtones a toujours été importante pour lui. C’est notamment sous son administration que la Ville a intégré le pin blanc dans son drapeau.

Au cours de la discussion, M. Coderre a également soulevé l’idée de faire du chalet du parc Mont-Royal un endroit d’exposition éphémère, qui permettrait de mettre en valeur l’art autochtone, en plus de rappeler sa promesse faite jeudi, d’intégrer les autochtones à la vie démocratique de la ville.

Pour sa part, Mme Plante a affirmé qu’il est important d’établir un «cadre de reconnaissance», qui permettra de dépolitiser et d’établir des directives claires pour des cas comme celui de la statue.

«L’histoire nous montre que ça va se reproduire, parce que la société et les mentalités évoluent. Mais il faut y aller avec beaucoup de sensibilité et d’attention», a expliqué Mme Plante.

Elle a donné en exemple le changement de nom de la rue Amherst, qui est devenue Atateken en 2019. «Pour moi, il était important que le nom de la rue ne soit pas ma décision. Les autochtones n’ont pas besoin qu’on décide pour eux», a-t-elle lancé.

Revenant sur l’idée d’une Place de la Réconciliation, Mme Plante estime que l’idée est «malaisante» et «paternaliste».

«Il faut faire attention à ne pas trouver des solutions pour les autres. Il y a un principe fondamental quand on parle de réconciliation, c’est de consulter et d’écouter», a-t-elle ajouté, dans une pointe envers son adversaire.

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