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Une solution qui rendrait service aux entrepreneurs

Depuis plusieurs semaines, les entreprises et les médias déplorent une pénurie de travailleurs à travers le Québec. Vendredi, dans les pages du Journal, François Legault indiquait que le sujet du manque de main-d’œuvre serait au cœur d’un minibudget en novembre.

Ne nous leurrons pas : il y aura toujours des emplois sur lesquels plusieurs lèveront le nez, qu’il s’agisse de s’occuper de nos enfants ou de nos aînés, de cuisiner ou de laver notre vaisselle au restaurant ou de cueillir nos fruits et légumes. Plusieurs voient en l’immigration, et en l’augmentation de ses seuils, une panacée aux problématiques de pénurie de main-d’œuvre. François Legault fait bien de ne pas écouter le chant des sirènes patronales.

Des immigrants éduqués  

La réalité, c’est que les nouveaux arrivants ne veulent pas s’installer au Québec pour faire ce que nous ne voulons pas faire. L’écrasante majorité des nouveaux arrivants ont un excellent niveau d’études et peu d’intérêt pour des emplois en cuisine ou en usine. De plus, les grilles de sélection favorisent des critères tels que le nombre d’années d’études ou les domaines de formation, qui sont des indicateurs de meilleure intégration future. De plus, il est éminemment plus facile de demander au gouvernement d’en faire plus, plutôt que de bonifier salaires et conditions de travail ou formation continue offertes afin de rendre certains emplois plus attrayants.

 Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Tania Longpré, doctorante et chargée de cours et enseignante en francisation sur QUB radio : 

Pour les nouveaux arrivants, la pénurie est un phénomène extraordinairement positif pour intégrer le marché du travail ou trouver des emplois à leur hauteur, pour lesquels ils ne seront pas surqualifiés. On leur fait confiance plus facilement qu’avant, pour une première expérience québécoise ou pour gravir les échelons.

Assouplir certains critères  

Plusieurs employeurs, qui font déjà affaire avec des firmes de recruteurs étrangers, exigent qu’on assouplisse les normes qui régissent la venue ou le maintien de ces travailleurs au Québec, en abaissant les exigences linguistiques quant au niveau de français à atteindre chez ceux qui voudraient s’établir ici à long terme.

Il est vrai que le gouvernement pourrait modifier son seuil d’exigence linguistique pour un niveau cinq ou six en production orale, plutôt qu’un niveau sept, comme c’est le cas présentement. D’ailleurs, il serait urgent que le ministère de l’Immigration adapte ses exigences linguistiques selon la profession exercée. Présentement, on demande à un enseignant le même niveau de langue orale qu’à un machiniste. Est-ce logique ?

Pourquoi ne différencie-t-on pas enfin les niveaux de langue demandés par secteur d’emploi ? Il est faux de penser que maîtriser le français n’est pas important pour souder, nettoyer ou construire, mais le niveau n’a pas à être le même que pour une profession libérale.

Ce serait une excellente stratégie de la part du gouvernement qui rendrait service aux entreprises. Les entreprises, de leur côté, devraient s’engager à offrir plus de temps à leurs employés afin qu’ils suivent des cours de francisation en entreprise subventionnés.

À mon humble avis, ce sont deux solutions parmi d’autres pour contrer la pénurie de main-d’œuvre et permettre une meilleure intégration dans la société aux nouveaux Québécois.

Photo courtoisie

Tania Longpré
Doctorante, chargée de cours et enseignante en francisation

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