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Procès pour entrave: l’anti-masque accusé veut être payé

MAXIME DELAND/AGENCE QMI

L’anti-masque détenu et accusé d’entrave veut recevoir de l’argent pour l’obligation de se couvrir le visage, a-t-il répété à cinq reprises ce mardi à son procès. 

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«Je le droit de magasiner sans masque, tout décret qui empêche ça viole ma liberté. Je suis une victime. Le gouvernement me doit réparation», a lancé François Amalega Bitondo, ce mardi à la Cour municipale de Montréal.

Cet ex-professeur de mathématiques de 43 ans témoignait à son procès d’entrave à la police à la suite d’un événement survenu en mars dernier dans une épicerie. Refusant de porter le masque, il avait été interpellé par des agents de la paix. Sa résistance à son arrestation lui avait valu une accusation d’entrave alors que huit policiers avaient été mobilisés pendant plus de trois heures.

Pour Amalega Bitondo, l’État -donc les contribuables- devrait le dédommager pour les inconvénients de devoir porter le masque dans certaines circonstances. Et ce, même s’il refuse de le faire.

De l’argent

« Le gouvernement me doit réparation pour ce qu’il me fait », a lancé l’accusé.

Et pour « prouver » son point, il s’est lancé dans une longue tirade contre les mesures sanitaires. Comparant le masque à une religion puis à un acte médical à d’autres moments, le complotiste qui nie la pandémie a ensuite isolé des déclarations des autorités pour étayer ses propos, faisant fi de toutes les nouvelles connaissances scientifiques sur la COVID-19.

«Mon travail, c’est d’amener les enfants à penser, pas à réciter», a-t-il ajouté, donnant une piste de réponse aux raisons qui l’ont poussé à manifester devant des écoles pour convaincre des jeunes à refuser le vaccin.

Amalega Bitondo a ensuite cité les Chartes des droits et libertés, donnant sa propre interprétation pour justifier son désir personnel de ne pas porter le masque, qu’il a comparé au voile religieux.

«Je suis soumis à la torture, c’est comme si on me forçait à manger mes excréments, a-t-il assuré. Je dois avoir réparation.»

Outre de demander de l’argent, il a également demandé d’être acquitté.

Chronique juridique avec Nada Boumeftah, avocate en droits criminels et protection de la jeunesse

Sa volonté

Le procureur municipal Me Hugo Lalonde a pour sa part tenté de recadrer le débat ce matin. Car le juge n’a pas à trancher sur la validité des décrets gouvernementaux, mais plutôt à savoir si Amalega Bitondo avait commis une entrave aux policiers.

Et pour être certain de l’état d’esprit de l’accusé au moment du crime, Me Lalonde lui a demandé s’il savait qu’il pouvait faire son épicerie en ligne, puis pourquoi il ne l’avait pas fait ce jour-là.

«Parce que je veux la faire en personne, c’est un droit», a répondu Amalega Bitondo, ajoutant que c’était aux autres à s’adapter à ses volontés.

Le juge Randall Richmond rendra son verdict cet après-midi.

Amalega Bitondo est en détention préventive parce qu’il ne s’était pas présenté à son procès la semaine dernière en raison de son refus de porter le masque pendant ses déplacements à la cour.

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