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Pandora Papers: le gouvernement canadien doit agir, plaide un organisme

Ottawa doit appuyer les efforts internationaux pour lutter contre les paradis fiscaux et faire en sorte que les entreprises et les gens riches paient leur juste part d’impôt, a plaidé l’organisme Canadiens pour une fiscalité équitable mercredi.

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L’organisation réclame notamment que le Canada appuie des mesures internationales, comme l’imposition d’un taux de taxation de 21 % sur les multinationales partout dans le monde et l’interdiction de créer des sociétés fictives.

Elle souhaite aussi que le gouvernement oblige les sociétés à publier leurs données financières pays par pays, et non dans un tout uniforme.

«Il est temps que le gouvernement fédéral mette fin à l'évasion fiscale par le biais des paradis fiscaux par les riches particuliers et par les grandes entreprises qui ne paient pas leur juste part», a avancé le directeur général de Canadiens pour une fiscalité équitable, Toby Sanger.

À son avis, le Canada doit profiter des rencontres prévues entre les ministres des Finances du G20 dans les prochaines semaines pour «soutenir des réformes beaucoup plus fortes pour s'assurer que les grandes entreprises paient vraiment leur juste part d'impôts».

«Le Canada peut également agir immédiatement pour mettre fin à l'abus des paradis fiscaux par les entreprises. Par exemple, nous pouvons immédiatement mettre fin aux accords de double non-imposition conclus par le Canada avec des paradis fiscaux et faire en sorte que les revenus tirés d'actifs situés dans des paradis fiscaux soient soumis à un taux d'imposition minimal substantiel», a plaidé de son côté l'économiste D.T. Cochrane, qui est chercheur pour Canadiens pour une fiscalité équitable.

Cette sortie fait suite aux révélations des «Pandora Papers», une nouvelle enquête internationale de journalistes dévoilant les avoirs secrets de nombreuses personnalités et entreprises dans les paradis fiscaux. Ces nouvelles révélations, les plus importantes du genre, font suite à d’autres enquêtes similaires, comme celle des «Panama Papers».

Dans un rapport dévoilé en 2019, le Directeur parlementaire du budget avait émis l’hypothèse que le Canada pouvait perdre chaque année environ 25 milliards $ en impôts en raison des paradis fiscaux.

Pour arriver à ce montant, le DPB avait estimé que 10 % des montants échangés avec des centres financiers à l’étranger et lors de transferts de fonds électroniques se retrouvaient dans des paradis fiscaux, à l’abri de l’impôt.

«Ces calculs sont bien sûr hypothétiques et ne peuvent être vérifiés», avait cependant averti le DPB dans son rapport.

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