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18 mois de détention pour avoir harcelé une candidate à la mairie de Gatineau

L’ex-conjoint de la candidate à la mairie de Gatineau France Bélisle devra passer les 18 prochains mois derrière les barreaux pour l’avoir harcelé avec obsession pendant des mois.

Philippe Boucher, 44 ans, a reçu sa peine, vendredi, au palais de justice de Gatineau. Il avait été reconnu coupable plus tôt cette semaine d’avoir criminellement harcelé Mme Bélisle entre les mois d’octobre 2020 et janvier 2021. Il s’agissait d’une récidive puisqu’il avait déjà commis ce type de crime à son égard dans le passé.

L’individu n’avait jamais accepté la rupture du couple en 2015 et, selon les faits énoncés devant la cour, il avait dénigré France Bélisle sur les réseaux sociaux, puis utilisé des subterfuges pour l’espionner, notamment en suivant ses déplacements à l’aide d’un GPS installé sur son téléphone cellulaire.

«Le harcèlement laisse aux victimes des séquelles et des blessures émotionnelles souvent permanentes», a déclaré le juge de la Cour du Québec, Gaston Paul Langevin, vendredi, en annonçant la peine réservée à Boucher, qualifiant les gestes de ce dernier de «prémédités [et] d’obsédés».

«Suivre une personne, épier une personne, communiquer avec elle de façon répétée [...] sur les réseaux sociaux, surveiller sa maison, et le tout sans se soucier que cette personne puisse se sentir harcelée, intimidée, ou qu’elle se sente insécure ou anxieuse», a mentionné le juge pour décrire les actes reprochés à Boucher ainsi que leur impact sur sa victime.

«Le comportement [criminel] à l’endroit de conjoints-conjointes, la violence [et] le harcèlement est un fléau dans notre société», a souligné le magistrat.

Solidarité 

Après que la sentence eut été prononcée, France Bélisle a tenu à signifier au tribunal la solidarité des femmes vivant des situations similaires qui l’ont appuyée, ainsi que l’importance que revêt ce jugement pour elle.

Mme Bélisle a «reçu une centaine de messages [dont] une dizaine [d’entre eux provenant] de femmes qui disaient avoir vécu du harcèlement d’ex-conjoints», a-t-elle confié, précisant qu’elle les avait encouragées à dénoncer leurs agresseurs.

«Vous êtes les yeux et les oreilles du système de justice», a-t-elle ajouté en s'adressant au juge, soulignant que l’effet d’avoir été écoutée et entendue «c’est presque aussi important que la peine finalement».

En plus de devoir passer les 18 prochains mois derrière les barreaux, Philippe Boucher devra se plier à une probation de trois ans et se soumettre à un prélèvement d’ADN.

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