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François Asselin condamné à la prison à vie

Le meurtrier François Asselin a été condamné à la prison à vie, et ne sera pas éligible à une libération conditionnelle avant 20 ans, a décidé la juge Manon Lavoie mardi au palais de justice de Trois-Rivières.

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François Asselin avait tué son père, Gilles Giasson, avant de le démembrer et de le placer dans quatre sacs à poubelles qu’il avait placés lui-même dans un camion à ordures. Ses restes avaient été retrouvés au site d'enfouissement sanitaire de Saint-Étienne-des-Grès.

Quelques jours plus tard, dans un motel de Sherbrooke, François Asselin avait asséné plus d'une quarantaine de coups de couteau à son collègue François Lefebvre, avant de placer son corps dans une boîte qu'il a amenée à l'entreprise Ovation Logistique.

François Asselin plaidait la non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux, mais les 12 jurés l'avaient trouvé coupable des deux meurtres et d'outrage aux cadavres. Il avait automatiquement écopé d’une peine de prison à vie et devait revenir en cours pour connaître le nombre d’années qu’il devrait purger derrière les barreaux avant d’être admissible à une libération conditionnelle. La couronne réclamait un minimum de 22 ans de détention, contre de 10 à 15 ans pour la défense.

La juge Lavoie n'a trouvé aucun facteur atténuant. Elle a en revanche dressé une longue liste de facteurs aggravants dont «la gratuité, la brutalité des gestes meurtriers à l'endroit de deux victimes, et son acharnement, soit le nombre de coups portés et les endroits du corps où ces coups ont été assénés».

Elle a ajouté que l'accusé a menti, tenté de camoufler ses crimes et que les traumatismes et les séquelles psychologiques infligées aux proches des victimes sont importants. La juge Lavoie espère que l'accusé profitera de ses années en détention pour régler ses problèmes d'impulsivité, d'agressivité et de dépendance.

Des familles soulagées  

Cette décision fait le bonheur non seulement du procureur Benoit Larouche, mais aussi des familles des deux victimes.

«On a l’impression que la juge a très bien compris le portrait, la personnalité et les événements qui ont donné lieu à ces deux événements-là. La réhabilitation est presque nulle pour cet individu et je pense qu’on a eu une peine qui est à la hauteur des crimes très très odieux, horribles et crapuleux qui sont arrivés en 2018», a affirmé le procureur.

«On peut un peu tourner la page. On sait qu’il va y avoir un appel, donc on reste sur le qui-vive, mais on se sent moins lourd, on peut vaquer à autre chose même si on sait que ça ne ramènera jamais notre père», a renchéri Joany Lefebvre, la fille de François Lefebvre.

«On est très, mais très très satisfait. On est heureux et euphorique. On a prié beaucoup pour que justice soit rendue», a quant à elle lancé Lucille Giasson, la sœur de Gilles Giasson.

Un avis d'appel a cependant été reçu au palais de justice de Trois-Rivières. Les avocats d'Asselin croient que la juge a erré en droit à plusieurs reprises, notamment en ce qui concerne la constitutionnalité de l'article 33.1 sur «l'intoxication extrême s'apparentant à un automatisme».

Cela pourrait prendre encore près d’un an et demi avant que la cause soit entendue.

- Avec l'Agence QMI

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