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Gestes sexuels envers une cadette: 40 mois pour un officier supérieur des Forces

Photo Kathleen Frenette

Un officier supérieur des Forces armées canadiennes coupable d’avoir posé des gestes sexuels à l’égard d’une jeune cadette à la fin des années 90 a écopé, mardi, d’une peine de détention de 40 mois. 

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Dans le cadre des observations sur la peine, le major Richard Masson qui se défendait seul avait réclamé au juge Pierre L Rousseau de le condamner à une période d’emprisonnement de six mois «à être purgé dans la collectivité».  

Le magistrat a plutôt choisi d’imposer «une peine sévère» à l’encontre de l’homme de 53 ans qui a usé de sa «position privilégiée» de capitaine au sein du corps de cadets pour abuser de la naïveté de l’enfant.  

«Je suis conscient qu’aucune peine, si sévère soit-elle, ne pourra effacer les gestes commis par l’accusé ni les conséquences subies par la victime», a mentionné le juge, empathique. 

«Cependant, j’espère que la peine prononcée aura pour effet d’encourager d’autres victimes en position de dépendance et de vulnérabilité à dénoncer leur agresseur», a-t-il ajouté. 

La loi n’est pas «froide»

À titre de facteurs atténuants, le magistrat a retenu l’absence d’antécédent judiciaire de l’accusé ainsi que son plaidoyer de culpabilité qui est toutefois survenu le jour du procès.  

Comme facteurs aggravants, le juge a rappelé que les gestes posés l’avaient été sur une personne de moins de 18 ans vis-à-vis laquelle Masson était en position d’autorité. Les gestes ont également été qualifiés de «très intrusifs» par le président du Tribunal qui a également noté la «manipulation utilisée par l’accusé pour arriver à ses fins».  

«L’accusé qualifie la loi de froide. Cet énoncé m’indique qu’il n’a pas complété sa prise de conscience des torts qu’il a pu causer à sa victime. La loi ne peut être qualifiée de froide quand elle interdit tout geste à connotation sexuelle sur un enfant», a ajouté le juge avant de rendre sa sentence.  

Initiation

Rappelons que les gestes pour lesquelles Masson a plaidé coupable se sont produits à la fin des années 90 alors qu’il s’occupait d’un camp de cadets.  

Rapidement, la victime est devenue «le bras droit» de l’accusé et, de fil en aiguille, Masson a entrainé la jeune fille à avoir des conversations sexuelles en lui disant, entre autres, qu’il trouvait «dommage» que les filles ne soient pas «habiles» lors de leur première relation sexuelle, ce qui se soldait souvent par une «mauvaise expérience».  

Il a donc initié la jeune adolescente aux fellations, puis il lui a «appris» les pénétrations anale et vaginale sans protection. Quand la victime tentait de se soustraire, parce que l’accusé lui faisait mal, ce dernier la corrigeait. Il disait vouloir la coatcher pour qu’elle soit bonne.