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18 mois à domicile pour avoir fraudé son employeur tous les jours pendant 10 ans

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Paul - stock.adobe.com

**Rectification: une précédente version de ce texte mis en ligne était accompagnée d'une photo présentant une autre Francine Lavoie que celle identifiée dans l'article. Il s'agissait d'une autre personne, également nommée Francine Lavoie, qui n'a pas de lien avec les faits relatés dans ce texte. Toutes nos excuses.**

Une femme qui a contribué à la faillite de la PME où elle travaillait pour l’avoir fraudé quotidiennement pendant 10 ans devra purger une peine dans la collectivité. 

Francine Lavoie, 53 ans, était une employée de longue date à la cordonnerie Carol Binet de Trois-Rivières, mais de 2008 à 2018 elle a fraudé son employeur en lui soutirant des petits montants à tous les jours pour un total de 75 000 $.

Selon le procureur de la Couronne, Me Éric Boudreau, Mme Lavoie «soutirait [de menues sommes] en argent comptant qui équivalaient à trois factures qu’elle faisait disparaître du système informatique [sans que personne ne s’en rende compte]».

Dans ce dossier la Couronne réclamait 15 mois d’emprisonnement ferme et la défense 12 mois à purger dans la collectivité. Or, en rendant sa décision sur la peine, le juge de la Cour du Québec, Jacques Lacoursière, a plutôt opté pour une sentence de 18 mois d’assignation à domicile assortie d’une amende compensatoire de 75 000 $ que Francine Lavoie aura 12 ans pour rembourser.

Si la fraudeuse ne rembourse pas cette somme, elle se retrouvera derrière des barreaux.

«Le montant de cette fraude est important. Surtout si l’on considère que les victimes sont propriétaires d’une petite entreprise», a déclaré le juge, mercredi, au palais justice de Trois-Rivières.

Elle a commis ses larcins «avec préméditation [...] pendant 10 ans, sans être inquiétée, dans une entreprise qui peine à survivre», a-t-il ajouté. Le juge Lacoursière a d’ailleurs précisé que «l’impact sur les victimes [était] important [puisque] les propriétaires ont fait faillite dans les mois qui ont suivi». L'entreprise a par la suite été rachetée par le propriétaire d'origine afin que le commerce, considéré comme une institution à Trois-Rivières, ne disparaisse.

Selon ce qui a été rapporté en cour, la fraudeuse a même continué à dépenser l’argent des méfaits après son arrestation, jusqu’à ce qu’elle fasse faillite. Elle souffrirait d’un problème d’achat compulsif.

En plus des 18 mois à purger dans la collectivité et de l’amende compensatoire, Francine Lavoie devra respecter une panoplie de conditions, dont celle de compléter le remboursement de la fraude d’ici le 12 octobre 2033.

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