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Facebook, source de haine et de troubles de santé mentale, jugent les Canadiens

Quatre personnes sur dix auraient une opinion négative du réseau social Facebook, révèle un sondage Léger mené pour le compte de l’Association d’études canadiennes.

La grande majorité des personnes sondées a également convenu que le réseau social amplifie les discours haineux, contribue à propager de fausses nouvelles, nuit à la santé mentale des individus et présente un risque pour les enfants et les adolescents. 

Selon le sondage dévoilé mercredi, 72 % des Canadiens sont convaincus que Facebook à un effet délétère sur la santé mentale de ses utilisateurs.

Pire encore, 78 % des répondants canadiens au sondage jugent que la plateforme amplifie la portée des discours haineux, 87 % croient qu’elle contribue à la désinformation et 87 % l'estiment nuisible pour les mineurs.

Les Américains, eux, partagent les mêmes préoccupations que leurs voisins du nord, mais avec des taux systématiquement moins élevés, montre le sondage.

Ironiquement, bien qu’ils soient très majoritairement convaincus que Facebook est un vecteur de fausses nouvelles, qui va jusqu’à menacer la démocratie (48 %), un peu plus de la moitié des Canadiens (51 %) juge la plateforme «essentielle» pour s’informer et partager de l’information.

Plus positivement, les trois quarts des répondants, des deux côtés de la frontière, ont noté que Facebook leur permet de garder contact avec leurs proches.

Ces résultats font suite à une semaine désastreuse pour le géant du numérique, qui a vu une lanceuse d’alerte, France Haugen, affirmer devant le Sénat américain que Facebook est au courant des impacts négatifs de ses plateformes de réseaux sociaux.

Ces révélations sont d’ailleurs crues par 64 % des Canadiens et 59 % des Américains, a noté Léger.

De plus, une panne généralisée a mis hors service pendant environ six heures non seulement Facebook, mais aussi Messenger, Instagram et WhatsApp, causant bien des tracas à de nombreuses personnes qui dépendent de ces outils pour travailler.

Rentabilité 

Selon le chroniqueur web et éditeur, François Charron, la pandémie de COVID-19 a joué un rôle dans la baisse de popularité de Facebook. Elle a également permis au réseau social de renflouer ses coffres.

«Facebook a laissé dès début de la pandémie les divisions se faire. Ç’a été très rentable pour eux parce qu’il faut savoir que l’affaire qui fait le plus ''triper'' Facebook, à quoi Facebook carbure, c’est un seul mot : engagement», précise M. Charron.

«Plus on est engagé, plus c’est payant pour eux parce que plus on y va, plus on interagit, plus on reste longtemps et donc, plus on voit de publicités. Facebook, son seul objectif sur la Terre, c’est de faire des revenus publicitaires», ajoute-t-il.

Si la division a été payante pour Facebook, elle a également suscité plusieurs questionnements sur l’impact psychologique qu’a le réseau sur ses usagers.

«Imagine quand tu es à l’âge où tu doutes [de ton apparence] et que le réseau social t’envoie des images de surperfection de corps. Tu ne peux passer quelque temps sur le réseau social et après te regarder dans le miroir et te trouver mignon. Ça ne marche pas», plaide François Charron.

Alors que l’entreprise mise sur des sujets polarisants pour générer du contenu et des engagements, peut-elle se renouveler?

«Je pense que l’entreprise devra faire un grand ménage. Tant au niveau de la polarisation, de modifier un peu son algorithme pour baisser la température du feu, à faire aussi le ménage dans les publicités (...) si Facebook veut passer à travers», croit-il.

Le sondage de Léger a été réalisé pour le compte de l’Association d’études canadiennes auprès d’un panel web comptant 1545 Canadiens et 1000 Américains, du 8 au 10 octobre.

- Avec l'Agence QMI

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