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Report de 30 jours de la vaccination obligatoire

Québec a reporté d’un mois l’entrée en vigueur de la vaccination obligatoire du personnel de la santé, afin d’éviter de «foncer dans un mur» avec le départ prévu de quelque 22 000 employés en pleine pénurie de main-d’œuvre.

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a pris cette décision après trois nuits d’insomnie, alors que la date butoir de vendredi approchait à grands pas. «Cette nuit, j’ai très bien dormi. Donc, ça doit être bon signe», a-t-il confié en conférence de presse, mercredi. 

Les conséquences de l’ultimatum imposé par son gouvernement étaient tout simplement trop importantes. «Quand on additionne le départ potentiel des non-vaccinés au personnel qui est déjà manquant, [...] on se retrouve à ajouter une pression qui est beaucoup trop forte sur notre réseau. Et surtout, sur les travailleurs de la santé qui sont vaccinés, qui sont au front depuis plusieurs mois», a expliqué Christian Dubé. 

«Les différents scénarios qu’on nous a montrés étaient trop lourds de conséquences pour notre réseau», assure-t-il, si bien que le réseau de la santé s’apprêtait à «foncer dans un mur».

«Ce serait irresponsable», a déclaré le ministre, d’un air grave. 

Réseau fragilisé    

À ses côtés, sa sous-ministre adjointe, Dre Lucie Opatrny, a expliqué que 600 lits de courte durée auraient dû fermer au Québec, ainsi que 35 salles d’opération. Celles-ci seraient venues s’ajouter aux 80 salles d’opération déjà mises en veilleuse. 

Certains établissements privés (RPA ou RI) auraient également dû fermer leurs portes puisqu’environ 50% de leurs préposés aux bénéficiaires ne sont pas adéquatement vaccinés, affirme Christian Dubé. 

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Paul Brunet, Président directeur-général du Conseil de protection des malades avec Richard Martineau sur QUB radio: 

Même en acceptant de garder les quelque 7 800 employés qui ont déjà reçu une première dose, la désertion du personnel aurait été similaire à celle qui a frappé le réseau durant la première vague de la pandémie, alors qu’il manquait environ 12 000 personnes. 

«Et imaginez-vous qu’on a un réseau qui est beaucoup plus fragile qu’il y a 19 mois», a confié le ministre Dubé. 

Une telle vague de départs aurait accru la pression sur les gestionnaires pour utiliser le temps supplémentaire obligatoire, une mesure à laquelle le gouvernement Legault cherche justement à mettre un terme. 

Écoutez la chronique de Varda Étienne au micro de Benoît Dutrizac sur QUB radio:  

Conséquences financières    

Québec accordera donc un sursis aux employés, qui auront jusqu’au 15 novembre prochain pour se conformer, sans quoi ils seront suspendus sans solde.

Après le bâton, le gouvernement Legault agite maintenant la carotte: les récalcitrants demeurés en poste perdront temporairement leurs primes COVID-19 (de 4% et 8%) ainsi que le bonus de 15 000$ annoncé récemment. «Ils toucheront leurs primes seulement s’ils se font doublement vacciner au cours des 30 prochains jours», a expliqué le ministre. 

Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Chantal Marchand, présidente-directrice générale de l'Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux, sur QUB radio:  

Ils devront également continuer de se faire tester au moins trois fois par semaine. 

Alors que le ministre s’était montré jusqu’ici intraitable sur la date-butoir, il a paru moins ferme sur la nouvelle échéance du 15 novembre. «Les critères qui nous font décider ça, aujourd’hui, devraient être les mêmes critères qu’on va réévaluer dans 30 jours», a déclaré M. Dubé. 

DES CONSÉQUENCES TRAGIQUES     

- 35% des CHSLD auraient connu des réductions de services importants.

- Baisse des soins à domicile pour environ la moitié des régions. 

- Un laboratoire aurait perdu quatre de ses six employés. 

- Réductions de services importantes à la DPJ et dans l’offre pour la santé mentale. 

Sources: Cabinet du ministre de la Santé et MSSS

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