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Vaccination obligatoire reportée: «les anti-vaccins vont prendre ça comme une victoire»

Le report de la date d’entrée en vigueur du décret sur la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé, annoncé par le ministre Christian Dubé, mercredi, est «courageux», mais pourrait poser problème, croit le Dr Mathieu Simon.

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«C’est une décision pragmatique et politiquement, c’est très, très courageux», commente le chef de l’unité des soins intensifs de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) en entrevue à LCN.

Ce dernier croit cependant que ce report pourrait envoyer un mauvais message. 

«Le problème que ça envoie, c’est que les gens qui sont anti-vaccin vont prendre ça comme une victoire», craint le Dr Simon. 

Il est toutefois convaincu que la décision du ministre de la Santé était la bonne. 

«C’est une défaite pour le système de santé. Ce n’est pas une défaite politique, puisque le choix politique a été adéquat, il fallait protéger la ressource de soins de santé», croit le médecin. 

Pour lui, cette décision devait être prise pour éviter que la charge de travail ne retombe sur les travailleurs vaccinés. 

«Il ne fallait surtout pas que les personnes réfractaires au vaccin dans le réseau, qui allaient être suspendues, et bien que le poids de leur désaffection soit porté par les gens qui avaient fait la bonne chose encore une fois, c’est-à-dire la très grande majorité des travailleurs de la santé qui sont vaccinés et qui avaient recommencé à faire du travail supplémentaire», affirme le Dr Mathieu Simon. 

La décision de Christian Dubé lui laisse toutefois «un goût amer». 

«Très heureux de voir que le système ne s’écrasera pas le 15 octobre, très malheureux de voir qu’il y a encore autant de travailleurs de la santé, qui devraient prôner la santé et la protection de leurs patients, refusent de se faire vacciner, peu importe la menace», déplore-t-il.

 

Comment convaincre?    

Le chef de l’unité des soins intensifs de l’IUCPQ se questionne sur la manière de convaincre les personnes non vaccinées pendant ce sursis d’un mois. 

«La question à se poser, maintenant , c’est qu’est-ce qu’on va faire pendant ce mois-là? Parce que manifestement, la menace, ça n’a jamais été une bonne façon de motiver les gens, ça ne fait que polariser la population», dit-il. 

«La quatrième vague achève, si on n’en veut pas une cinquième, ça nous appartient à tous», ajoute-t-il.

Selon le Dr Simon, le Québec doit avoir plus de représentation en faveur de la vaccination dans la sphère médiatique, autre que des médecins ou des politiciens. 

«Depuis le début de la campagne de vaccination, et même des mesures sanitaires, je pense que ce qui a manqué à la population, c’est des leaders d’opinion autre que des médecins ou des politiciens en qui la population a un certain cynisme», soutient-il. 

Il souligne le fait qu’il y a eu quelques manifestations contre les mesures sanitaires ou la vaccination, mais aucune en faveur de celles-ci. 

«C’est le temps que la population aille parler à ces gens-là qui ont un refus qui est viscéral du vaccin et qui, en voyant d’autres y adhérer et d’autres en faire la promotion que des médecins ou des politiciens, envers lesquels ils entretiennent une méfiance, qui est peut-être justifiée par moment, mais pas ici, ça permettrait peut-être de rassembler tout le monde et d’aller de l’avant», pense le Dr Mathieu Simon. 

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