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Collision mortelle à Beauport: le taux d'alcoolémie du chauffard était très élevé

C’est à une vitesse «minimale» de 130 km/h avec un taux d’alcool estimé à deux fois et demie la limite permise qu’Éric Légaré a semé la mort, au début septembre, lorsqu’il a croisé la route d’une petite famille qui revenait de chercher les enfants à l’école.  

Pour que cette triste histoire puisse être racontée, l’avocat de Légaré, Me Vincent Montminy, a demandé au juge Alain Morand de ne «pas émettre d’ordonnance de non-publication».  

Une décision prise «en accord» avec son client qui souhaitait que les gens «sachent» et surtout «qu’ils puissent comprendre» advenant le cas où le juge déciderait de le remettre en liberté.  

Seul bémol à cette demande : que les vidéos présentées lors de l’enquête ne soient pas diffusées au grand public.  

Vidéos à glacer le sang 

Dans le cadre de sa preuve, le poursuivant, Me Pierre-Alexandre Bernard a présenté de nombreux extraits qui permettent de retracer les heures précédant le drame.  

L’après-midi du 2 septembre, Légaré aurait consommé sept verres de vin et trois shooters au Pub du Parvis. Les analyses sanguines ont également révélé qu’il avait fumé du cannabis. D’autres vidéos montrent le parcours emprunté par l’accusé.  

Celle de l’accident, capté par les caméras du ministère des Transports, est quant à elle à glacer le sang.  

On y voit deux voitures immobilisées aux feux rouges à l’intersection de l’autoroute Dufferin-Montmorency et de la sortie François de Laval puis le véhicule conduit par Légaré arriver à pleine vitesse alors qu’il se trouve dans une zone de 70 km/h.  

Si les occupants de la première voiture ont «eu de la chance», puisque blessée légèrement, la petite famille, elle n’en a eu aucune, leur véhicule se retrouvant pris en souricière.  

Shellie Fletcher-Lemieux, 44 ans et James Fletcher, 68 ans, sont décédés sur le coup. Transportés à l’hôpital, Emma Lemieux, 10 ans, qui revenait de sa première journée d’école et Jackson Fortin, 14 ans, qui venait de terminer une pratique de football, ont quant à eux poussé leur dernier souffle le lendemain.  

Ambiance lourde 

Lors de la diffusion de la séquence, plusieurs membres de la famille des victimes ont préféré quitter la salle d’audience.  

La famille de Légaré a pour sa part regardée impuissante les quelques secondes fatales qui ont tout changé, avant de prendre la parole pour offrir des garanties de remises en liberté au nom de l’accusé.  

Très émotive, la mère de Légaré – qui s’est portée caution à hauteur de 25 000$- a laissé tomber que «ça n’avait pas de bon sens, pour la famille des victimes, de perdre leurs enfants», mais que tout ce qu’elle pouvait faire aujourd’hui, c’était de «soutenir son fils» qui «manifestement» avait «un mal-être».  

Légaré, qui suggère de suivre une thérapie pour «régler son problème d’alcool et de drogue» a aussi pris la parole dans le cadre de son enquête.  

«C’est dur de voir la famille des victimes. Ça me fait aussi mal de voir mes parents... mais, ça me montre à quel point j’ai un bon support», a-t-il témoigné. 

Le magistrat rendra sa décision le 21 octobre. 

Extraits de certaines déclarations de Légaré  

«Je ne voulais pas tourner à gauche. Je voulais continuer tout droit et aller chez moi où des gens m’attendaient.»  

«Depuis le début du confinement, je consomme plus de cannabis, mais depuis cet été, c’était chaque jour et en grande quantité.»

«J’ai eu ma leçon.»

«Je ne boirai plus jamais. Je ne suis pas un alcoolique.»  

Il qualifie l’événement de «dévastateur et désastreux.»

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