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Grève dans les CPE : les éducatrices ne sont pas satisfaites

Au début de la deuxième journée de grève des travailleurs et travailleuses en centres de la petite enfance (CPE) en Mauricie, Québec a annoncé une hausse salariale effective dès jeudi. Le 17% supplémentaire pour les éducatrices qualifiées ne suffit pourtant pas à les satisfaire.

• À lire aussi: Québec augmente le salaire des éducatrices

Jeudi matin, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, accompagnée du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a surpris et outrepassé les syndicats avec la mise en place de l’augmentation salariale. 

Il était urgent d’agir selon elle, alors que les négociations sont toujours en cours avec les syndicats. Cette offre du gouvernement avait d’ailleurs été jugée nettement insuffisante par les syndicats en juillet dernier. Quelques onze mille d’éducatrices exercent présentement leur mandat de grève dans la province, voté à 97%, parce que les négociations n’avancent pas selon elles. 

Sur le terrain, les éducatrices rencontrées par TVA Nouvelles, croient que la mesure ne sert qu’à calmer le jeu temporairement.

«Nous, on en fait deux fois plus de travail qu’une TES, que les éducatrices à l’enfance dans les écoles. Donc je pense qu’on mérite une reconnaissance et qu’il est temps qu’on soit reconnues à notre juste valeur», a fait valoir une éducatrice du CPE Jean-Noël Lapin à Trois-Rivières.

«Une TES qui commence présentement, dans plusieurs domaines, elle commence à 23$ de l’heure. Moi ça fait 21 ans et que je travaille ici, 21. J’ai 25 [dollars de l’heure] », a renchérit une éducatrice de la garderie les Gribouillis à Louiseville.

La présidente du Syndicat régional des travailleuses et travailleurs en CPE Cœur-du-Québec-CSN, Suzy Gaillardetz, est du même avis.

«Notre demande, on le sait, est à la hauteur de 27%, mais pour l’instant ça va faire un baume sur le cœur des éducateurs qui attendent des augmentations depuis longtemps.»

Les éducatrices croient aussi qu’il y a urgence d’agir pour améliorer leurs conditions de travail, et non pas seulement leur salaire.

Plusieurs ont raconté avoir peur de prendre des vacances, ou même de tomber malade, par crainte de laisser tomber leurs collègues de travail.

Le salaire est au cœur des négociations, mais sans convention collective depuis 18 mois, beaucoup d’autres points tardent à être abordés, juge Mme Gaillardetz.

«Il reste la question des ratios, que l’employeur ne veut pas inclure. La gestion à la cuisine, le dossier de l’enfant qu’on veut exclure. On a encore les vacances, les fériés, donc il reste plusieurs points qui n’ont même pas encore été touchés.»

Le temps presse parce que chaque mois passé sans convention collective signifie le départ d’employés dans le milieu, qui souffre déjà de la pénurie de main-d’œuvre.

Pour l’instant, cette avancée ne changera rien concernant la grève prévue aussi vendredi. En Mauricie et au Centre-du-Québec, ce sont 21 établissements qui sont touchés et près de 4000 enfants.

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