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Conduite dangereuse ayant causé la mort en Beauce: Mareck Dupuis reconnu coupable

Photo d'Archives

Le chauffeur de poids lourd de la Beauce qui a provoqué le décès d’une jeune femme en omettant de s’arrêter à un feu de circulation a été reconnu coupable de conduite dangereuse ayant causé la mort, vendredi. 

• À lire aussi: Le conducteur avait déjà vécu un choc traumatique

Le 16 janvier 2018, Mareck Dupuis, aujourd’hui âgé de 24 ans, traverse le centre-ville de Saint-Georges-de-Beauce au volant d’un camion semi-remorque, sur le boulevard Lacroix en direction sud, peu après 9 h. À l’approche de l’intersection avec la 118e rue, alors que le feu de circulation vire au jaune, que la chaussée est un peu glissante et que la route est en pente, Mareck Dupuis commet «une erreur de jugement», selon ses propres dires, et embraye la sixième vitesse plutôt que de ralentir.

L’irrémédiable se produit, alors qu’à l’intersection de la 118e rue, la voiture à bord de laquelle deux cégépiennes prennent place s’engage sur le boulevard Lacroix dans la voie de gauche. La petite Kia Rio est complètement emboutie par le camion et dérape sur 30 mètres pour aller percuter un autre semi-remorque immobilisé sur le boulevard en direction nord. Résultat, la mort de la conductrice, Anne-Sophie Veilleux, 18 ans, et l’imposition d’importantes lésions corporelles à Laurie Pelletier, sa passagère.

Mareck Dupuis

Photo courtoisie

Mareck Dupuis

Preuve d’expert

La preuve d’expert a déterminé que Dupuis a appuyé sur les freins deux secondes avant la collision, qu’il roulait à 61 km/h dans une zone de 50 km/h et qu’au moment de l’impact avec la voiture des victimes, la lumière était devenue rouge depuis quatre secondes. De plus, le feu de circulation que l’accusé a brûlé avait viré au jaune huit secondes avant l’impact alors que son camion se situait à 139 mètres de l’intersection.

«À l’approche d’un feu de circulation qui passe au jaune, devenant rouge, sur une artère importante de la ville de Saint-Georges aux environs de 9 h 10, l’hiver, dans une pente descendante et à proximité d’une école, la personne raisonnable conduisant un fardier n’aurait pas décidé de ne pas freiner [...], agir de la sorte risquait de mettre la sécurité du public en danger», a déclaré le juge de la Cour du Québec Jean Asselin, au palais de justice de Saint-Joseph-de-Beauce, en rendant son jugement.

Défense de santé mentale

Au moment de l’accident, Mareck Dupuis était en processus de retour au travail puisqu’il souffrait d’un choc post-traumatique après qu’un homme se soit jeté sous les roues de son camion en septembre 2017, à Québec.

Après cet incident, Dupuis avait été incapable de se remettre à conduire en zone urbaine. Il avait participé à un programme de désensibilisation, où il conduisait un poids lourd avec son psychologue à bord du véhicule. Le matin de l’accident du 16 janvier 2018, Dupuis venait de terminer un exercice de conduite avec son psy.

Lors du procès, la défense a allégué que Mareck Dupuis avait souffert d’automatisme au moment de l’accident, l’empêchant de prendre la décision adéquate en figeant sur place à cause de son choc post-traumatique. Après l’examen de la preuve des psychiatres, cette version n’a pas été endossée par le juge Asselin qui y a vu une version évolutive des propos de l’accusé.

En effet, dans les minutes qui ont suivi l’accident, Dupuis a dit à un témoin qu’il avait «pris un "guess"», et à son père il a admis avoir fait «une erreur de jugement». La version dans laquelle il dit avoir figé est apparue plus tard dans son discours, ce qui a mené le juge à remettre la fiabilité des propos de Dupuis en doute.

L’accusé a été reconnu coupable de deux chefs de conduite dangereuse, un ayant causé la mort, et l’autre des lésions. Il a été acquitté de deux chefs de négligence criminelle. Il doit revenir en cour le 9 décembre pour les observations sur la peine.

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