/news/coronavirus

Éclosion de COVID à Rivière-des-Prairies

L’Établissement de détention de Rivière-des-Prairies à Montréal est aux prises avec une importante éclosion de COVID-19, ce qui force la prison à confiner les détenus en raison du manque de personnel. 

• À lire aussi: EN DIRECT | Les derniers développements sur le coronavirus

• À lire aussi: Valérie Plante veut imposer la vaccination obligatoire aux élus montréalais

Au moins «56 détenus et 11 employés» de l’établissement carcéral avaient reçu un résultat positif à la COVID-19 vendredi en fin de journée, confirme la porte-parole au ministère de la Sécurité publique (MSP), Marie-Josée Montminy. 

On ne connaît l'origine de l'éclosion. «C'est sûr qu'il y a eu un très grand relâchement de la part de la direction générale des services correctionnels sur les mesures de la COVID. On dirait que parce qu'on a déconfiné dans la population, on a décidé de déconfiner et de réduire les mesures à l'intérieur des établissements comparativement aux premières vagues», explique Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels. 

Les détenus seront donc assignés à leur cellule jusqu’à ce que les employés atteints soient remplacés. Certains détenus ont eu recours à des soins à l'infirmerie de l'Établissement de détention, mais aucun n'a eu besoin de soins hospitaliers. 

Mathieu Lavoie.
Syndicat des
agents de la paix

Photo Roger Ganon

Mathieu Lavoie. Syndicat des agents de la paix

Par contre, comme dans bien d'autres secteurs, il y a une pénurie de main-d'oeuvre. 

«On était déjà en manque criant d’effectif, à plus de 40 % en bas du nombre adéquat d’employés pour rouler un établissement carcéral. Il y avait déjà des coupures de services, mais là, avec la COVID, c’est sûr que c’est encore pire», signale M. Lavoie.

«Ce n'est pas un emploi facile, la violence et les agressions sur les agents ont augmenté depuis 18 mois», rajoute M. Lavoie. «Actuellement, on a près de 25 % de nos agents en absence, on parle d'environ 350 agents qui sont en absence long terme, on parle de 400 postes vacants. Seulement dans les derniers 18 mois, on a perdu près de 200 agents au service et on est incapable de les recruter. On perd des jeunes qu'on recrute qui s'en vont parce que les conditions de travail sont difficiles, parce que la conciliation travail-famille est inexistante et parce qu'on fait du temps supplémentaire obligatoire presque chaque jour.»

Quelque 310 personnes incarcérées à Rivière-des-Prairies ont été doublement vaccinées contre le coronavirus, selon le MSP.

Il est toutefois impossible de connaître le nombre d’agents correctionnels immunisés puisque le métier n’est pas soumis à la vaccination obligatoire. 

Jusqu’à Sherbrooke  

Huit détenus et un agent correctionnel de l’Établissement de détention de Sherbrooke ont également contracté la COVID-19 dans les derniers jours.

Le transfert d’un détenu asymptomatique incarcéré à Rivière-des-Prairies vers cette prison serait responsable de la contamination, selon M. Lavoie.

«On savait qu’il y avait des cas de COVID à Rivière-des-Prairies. Des tests avaient déjà été faits», assure le président, qui estime qu’il y a eu «des manques au niveau de la gestion» à la prison montréalaise.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.