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Grève dans les CPE: Québec bonifie le salaire des éducatrices dès maintenant

CPE du carrefour

Chantal Poirier / JdeM

Pour freiner l’hémorragie dans les garderies, Québec accorde un rattrapage salarial immédiat aux éducatrices, comme il a été forcé de le faire aussi en santé et en éducation en raison d’une grave pénurie de main-d’œuvre.

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Il y a eu la formation accélérée et l'embauche de préposés aux bénéficiaires à 26 $ l'heure après la crise dans les CHSLD, le rehaussement du salaire des enseignants, l'annonce de généreuses primes pour faire revenir des infirmières dans le réseau public (voir encadré) et maintenant, c'est au tour des éducatrices en garderie. 

La présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, a annoncé qu'elle leur versait une hausse salariale sans attendre alors que se poursuivent les négociations avec les syndicats afin d’en arriver à une entente, une manœuvre plutôt rare. 

Selon elle, il y a un «consensus très clair» que les éducatrices en CPE «doivent être mieux payées». 

C’est pourquoi elles toucheront immédiatement de 9 à 17 % d’augmentation salariale dépendamment si elles ont un diplôme ou non et si elles acceptent des semaines de 40 heures de travail. 

«Inacceptable» 

Ainsi, une éducatrice qualifiée à temps plein qui gagnait 19 $ l’heure au premier échelon verra son taux horaire passer à 22,27 $. 

Selon les chiffres du ministère de la Famille, 790 éducatrices ont quitté le réseau en 2019-2020, soit l’équivalent de 3 % du personnel, d’où l’urgence de mettre fin à cet exode. 

«On ne peut pas attendre la fin des négos, parce qu'à chaque semaine qui passe c'est des éducatrices en moins dans notre réseau», a insisté le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. 

Le gouvernement Legault veut absolument renverser la tendance, car il s'apprête à annoncer un plan visant la création de 37 000 places en garderies, pour que chaque enfant puisse être accueilli dans le réseau. 

«C’est inacceptable», a décrié la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, Valérie Grenon, pour qui cette annonce hors de l’ordinaire court-circuite les négociations. 

Colmater les brèches 

Même si cette nouvelle mesure ciblée s’ajoute à plusieurs autres impliquant des sommes considérables pour colmater les multiples brèches dans le secteur public, le trésor public a la capacité de les éponger, estime le professeur émérite au Département des sciences économiques de l’UQAM, Pierre Fortin. 

«L’économie du Québec roule très fort, par conséquent les salaires augmentent plus vite et donc les gens vont être capables de payer les impôts nécessaires pour défrayer le coût de ces mesures», explique-t-il. 

Avant la pandémie, le gouvernement a engrangé des milliards en surplus et a placé 4 milliards $ par année dans le Fonds des générations afin de réduire le fardeau de la dette du Québec, rappelle l’économiste. 

Or, comme l'objectif de ramener le ratio de la dette à 45% du PIB est atteint, cet argent pourrait être mieux investi dans la bonification des conditions de travail dans le secteur public, estime Pierre Fortin. 

Ça craque de partout 

Voici les mesures prises par le gouvernement Legault pour stopper l'hémorragie liée au manque de personnel dans les services publics névralgiques. 

Préposés aux bénéficiaires

-Hausse du salaire de 20,55$ à 26 $ l'heure 

-Objectif: embauche de 10 000 nouveaux préposés dans le réseau 

Infirmières

-Primes de 12 000 $ à 18 000 $ (selon les régions) pour les postes à temps plein 

-Objectif: recruter 4300 infirmières à temps plein 

*Jeudi, Québec a annoncé que ces primes seront accordées aussi dans les résidences privées pour ainés (RPA) et les CHSLD privés 

Professeurs

-Hausse du salaire: 15 % au premier échelon (46 000 $ à 53 000 par an) et 11,4 % au dernier (82 585 $ à plus de 91 000 $ par an) 

-Objectif: Valoriser la profession, retenir et embaucher plus de personnel 

Éducatrices en garderie

-Hausse du salaire: 9 à 17 % selon leur qualification, et si elles acceptent des semaines de travail de 40 heures. 

-Objectif: Non chiffré, mais Québec veut inverser freiner les départs et créer des conditions favorisant l'embauche 

Éducatrices en milieu familial

- Hausse totale de 30 % (12 % d’augmentation salariale et majoration de 16 % de leur subvention) 

- Objectif: Non chiffré, mais Québec visait à revaloriser la profession

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