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On ne vend plus de bières extra-fortes au centre-ville de Val-d'Or

Les commerçants de Val-d’Or, en Abitibi, ont délibérément retiré les bières extra-fortes de 1,18 litre de leurs tablettes. La mesure mise en place depuis cet été est saluée par Éduc’alcool, mais divise les intervenants sociaux.

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Les bières bon marché, à teneur de plus de 8,1 % d’alcool, ne sont plus vendues au centre-ville de Val-d’Or depuis juillet dernier. Les commerçants étaient essoufflés des bris, de la malpropreté et du sentiment d’insécurité qui sévissaient, raconte Josette Pelletier, représentante de la Corporation Rues Principales.

«Ça fait des années que ça dure! Avec la Sûreté du Québec (SQ) et des représentants de dépanneurs et d’épiceries, on a décidé de former un comité et de trouver des solutions.»

L’idée vient du président de la maison d’hébergement La Piaule, Stéphane Grenier, qui siège lui aussi sur ce comité. Comme les commerçants, il constate que sa clientèle est beaucoup moins agressive depuis que l’accès aux bières extra-fortes a été limité.

«Le taux d’intoxication est bien moindre, la clientèle est beaucoup plus agréable et moins saoule. C’est un point majeur», a-t-il indiqué à l'Agence QMI.

Responsable ou infantilisant? 

C’est la première fois que le directeur général d’Éduc’alcool entend parler d’une telle initiative sur une base volontaire et il s’en réjouit.

«Ça va dans le sens de la loi. Si quelqu’un a trop bu, le dépanneur ne doit pas lui vendre de l’alcool et ne doit pas lui faciliter la vie», a-t-il évoqué.

La directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or n’appuie pas cette mesure. Édith Cloutier salue que les gens d’affaires veuillent s’impliquer dans la problématique de l'itinérance, mais elle déplore que son organisation n’ait pas été consultée. Elle qualifie l’intervention d’infantilisante et de contre-productive.

«Comme il ne reste que de la bière 6,1 %, les gens consomment plus. Ça coûte plus cher, donc ils mendient plus et trouvent d’autres stratégies pour accentuer leur consommation», a-t-elle expliqué.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Abitibi-Témiscamingue surveille aussi les conséquences de près. La cheffe de service intérimaire en dépendance et répondante régionale en itinérance, Christine Francoeur, admet avoir eu des craintes pour la sécurité de leurs usagers.

«On avait peur qu’ils commencent à faire des mélanges de substances pour aller chercher cet effet et que ça crée d’autres problèmes», a-t-elle dit.

Le CISSS espère donc pouvoir documenter rapidement les impacts de cette mesure avec les commerçants qui ont pris cette décision, la SQ et d’autres intervenants pour éviter que les personnes itinérantes soient mises à risque.

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