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Les monstres du lac Memphrémagog

Memphrémagog

Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles

 

Memphrémagog

J.E.

La bisbille autour d’un lac convoité

 

L’afflux de super riches autour du Memphrémagog crée des tensions environnementales et judiciaires

CAPTURE D’ÉCRAN, TVA NOUVELLES
La construction du gîte touristique Le Clos d’Amboise devant le lac Memphrémagog a été dénoncée par des environnementalistes, dont Robert Benoit (sur la photo), à la fin de l’année 2020. Celui-ci dénonce une «folie furieuse».

Le lac Memphrémagog, en Estrie, attire les Québécois les plus fortunés, mais cette popularité crée des tensions avec des résidents de longue date, des entrepreneurs locaux et des environnementalistes. 

La pandémie de COVID-19 a accentué l’attrait de riches Québécois pour le lac Memphrémagog. Non seulement les propriétés autour de l’eau sont plus chères que jamais, mais plusieurs projets immobiliers d’envergure voient aussi le jour. 

«C’est tout du Québec inc. de Montréal, des gens d’affaires qui réussissent bien», indique Daniel Leblanc, courtier chez Century 21 Estrie, à propos des acheteurs. 

Il dit vivre la plus grosse année de sa vie, avec 16 transactions autour du lac. 

«Les gens sortent leur argent. Je ne sais pas d’où vient tout l’argent, mais il y en a, c’est débile», lance-t-il. 

«La hausse des prix est incroyable», commente Albert Brandt, un autre courtier immobilier de Magog. 

Il dit avoir réalisé cette année les deux plus grosses transactions de sa vie, dont une majeure sur des terres qui n’avaient pas changé de main depuis l’époque où elles ont été cédées par la Couronne britannique.

Selon l’évaluateur Jean-Pierre Cadrin, ce sont les propriétés les plus dispendieuses du lac Memphrémagog qui sont maintenant les plus convoitées. À Austin, par exemple, la valeur des habitations avec un bord de l’eau a augmenté de 50 % en un an, contre 20 % pour les autres. 

«Habituellement, c’est l’inverse», dit-il.

Memphrémagog

Capture d'écran, TVA Nouvelles

CONTROVERSES   

Ce ne sont toutefois pas tous les nouveaux venus et les propriétaires qui se fondent dans le paysage sans faire de vagues.                             

  • Un gros projet immobilier au mont Owl’s Head, financé en partie avec des millions de Québec, inquiète environnementalistes et résidents de longue date, comme le rapportait hier notre Bureau d’enquête. «Il y a 200 ans, les plus grands peintres, les Krieghoff et autres, sont venus peindre le panorama d’Owl’s Head, ça n’a pas de maudit bon sens qu’on puisse massacrer une affaire comme ça», dénonce l’environnementaliste Robert Benoit.                             
  • Le somptueux domaine de Robert Gratton (ex-patron de la Financière Power), en construction quasi ininterrompue depuis 15 ans, est à nouveau l’objet de litiges avec des entrepreneurs locaux. De nombreux préavis de vente sous contrôle de justice, hypothèques légales de construction et poursuites ont été déposés depuis 2018.                            
  • Un important projet immobilier d’une valeur de 10 millions $ au centre-ville de Magog divise le conseil municipal. La location à court terme de type Airbnb y est prévue. L’entrepreneur impliqué est engagé en parallèle dans un litige avec le ministère de l’Environnement pour un autre projet au bord du lac.                            
  • Un projet de condos pour millionnaires suscite des préoccupations pour la vue sur le lac de Magogois.                                                         

PRÉOCCUPATIONS   

M. Benoit, ancien président du Parti libéral du Québec et aujourd’hui président de Memphrémagog Conservation inc. (MCI), observe que le lac Memphrémagog a été préservé pendant des générations par de riches familles anglophones. Une nouvelle classe de proprioétaires et de développeurs immobiliers arrivés récemment ne protège pas toujours bien les lieux, selon lui. 

«Il y a un gars qui s’est fait faire en novembre un chemin de 900 pieds de long jusqu’au bord du lac, aussi large qu’une autoroute. Une folie furieuse», dénonce-t-il. D’après lui, la santé du lac est déjà fragi- lisée par la présence d’un site de déchets tout près, en territoire américain. 

DES MENACES   

Un observatoire a été créé cet été pour surveiller la qualité des eaux. Le lac est aujourd’hui aux prises avec de «nombreuses menaces», selon Céline Guéguen, professeure à l’Université de Sherbrooke et responsable de l’observatoire.

Pour Daniel Latouche, un ancien conseiller de René Lévesque et un résident de longue date de Magog, le bruit est «infernal» sur le lac à cause des embarcations qui le sillonnent. Étant donné que plusieurs ensembles résidentiels contestés sont légaux, des intervenants se demandent si la réglementation en vigueur est efficace. La mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, dit que sa ville revoit actuellement son plan d’urbanisme et l’ensemble de ses règlements.

Des montants spectaculaires

Plusieurs gens d’affaires, artistes et sportifs Québécois ont réalisé des transactions d’importance autour du lac Memphrémagog au cours des derniers mois.

Des montants spectaculaires

Factures impayées pour un domaine royal

Des hypothèques légales ont été déposées sur la gigantesque propriété de l’ancien patron de la Financière Power

Voici une partie de l’imposant domaine de Robert Gratton qui se déploie sur la pointe Belmere, sur le côté est du lac Memphrémagog, dans le hameau de Georgeville, à Stanstead.

Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles et photo d'archives

Voici une partie de l’imposant domaine de Robert Gratton qui se déploie sur la pointe Belmere, sur le côté est du lac Memphrémagog, dans le hameau de Georgeville, à Stanstead.

Des travaux de construction au domaine pharaonique d’un ancien haut dirigeant de l’empire Power Corp sur la pointe Belmere, dans le hameau de Georgeville, sont à nouveau depuis quelques années l’objet de nombreux litiges avec des entrepreneurs.

Depuis 2018, pas moins de six nouvelles hypothèques légales de construction ont été inscrites par des firmes sur son immense propriété de 64 hectares donnant sur le lac Memphrémagog, à Stanstead, en Estrie. Cette propriété a été acquise par Robert Gratton, un ex-cadre de la société de portefeuille Financière Power, auprès de la descendance de Sir Hugh Allan, autrefois l’homme d’affaires le plus riche du Canada.

Le total des sommes réclamées depuis 2018 s’établit à plus d’un million de dollars.

Cinq préavis de vente sous contrôle de justice ont de plus été déposés pendant la même période par certaines des mêmes entreprises. Quatre poursuites ont suivi, dont trois ont été réglées à l’amiable et une est toujours active.

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Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles

Requête rejetée  

En janvier, M. Gratton a échoué à faire avorter le recours des Entreprises Éric Dostie, qui lui réclament 108 000 $ pour des travaux qui n’auraient pas été payés. M. Gratton alléguait de son côté que ce recours n’avait pas de fondement juridique. En gros, il estimait que Dostie était un sous-traitant d’un autre entrepreneur embauché qui, lui, aurait été payé.

Le juge Sylvain Provencher, de la Cour supérieure, a justifié sa décision par «l’absence de chance raisonnable de succès» de la requête de M. Gratton. Le procès sur le fond de l’affaire n’a pas encore débuté.

«Les hypothèques légales enregistrées sur ma propriété sont réglées et sont en processus de radiation. Quant à celle de Les Entreprises Éric Dostie, je la conteste parce qu’elle a été inscrite sans droit», a réagi M. Gratton dans un courriel transmis par une de ses avocates, Me Marie-Claude Sarrazin.

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Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles

Alice aux pays des merveilles  

David Gilbert, des Ateliers du bois David Gilbert, est un des entrepreneurs dont la firme a entrepris des procédures contre M. Gratton dans les dernières années. M. Gilbert dit avoir réussi finalement à se faire payer la somme due, même s’il n’a jamais la couleur des intérêts. 

Selon lui, bien qu’elle soit évaluée à 35 M$, la propriété décrite comme la «maison secondaire» de M. Gratton dans une procédure aurait reçu des investissements de l’ordre de 100 M$.

«C’est un domaine incroyable. On voit ça nulle part, à part quelques endroits sur la planète. Les gens qui ont accès à visiter ça, on pense qu’on n’est plus au Québec. On se croirait dans Alice aux pays des merveilles», a-t-il expliqué.

«Il y a 60 à 70 employés qui font l’entretien extérieur. Ça donne une idée de l’ampleur du domaine», a-t-il dit. 

Memphrémagog

Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles

Le Journal avait rapporté en 2015 que le bâtiment d’entretien comptait à lui seul 42 portes de garage. 

Selon M. Gilbert, des planchers, des moulures et de la finition seraient encore à faire dans la maison principale même si elle est en construction depuis 15 ans. 

«Il peut faire refaire la couleur huit fois s’il est pas satisfait [...], juste pour la couleur. [...] C’est exagéré. Quand t’as les moyens, c’est à sa guise. Tu peux faire ce que tu veux», a-t-il expliqué.

Le gratin du Québec s’y est installé  

Le grand patron de Bombardier et ex-PDG d’Hydro-Québec Éric Martel, la grande patronne du Fonds de solidarité FTQ, Janie Béïque, le hockeyeur Kristopher Letang, le PDG de la firme de génie WSP, Alexandre L’Heureux, et le courtier Georges Bardagi font partie de ceux qui ont acquis une propriété autour du lac Memphrémagog depuis le début de 2020. 

Une bonne part du gratin du monde des affaires y est déjà installée, a constaté notre Bureau d’enquête. 

La famille Desmarais accumule ainsi notamment depuis des années des terrains du côté du hameau de Georgeville pour construire ce que le journal local Le Reflet assimilait en 2016 à un nouveau «Sagard». 

Quelques artistes sont aussi présents, dont Clémence Desrochers et l’acteur Donald Sutherland. Le milieu culturel est toutefois très peu représenté en proportion du nombre de gens d’affaires, médecins, avocats et autres professionnels. Feu l’écrivain Mordecai Richler a déjà habité tout près du mont Owl’s Head. 

La maison qu’habite Daniel Latouche a servi lors du tournage du film Le déclin de l’empire américain, de Denys Arcand, en 1986. 

HAUTE BOURGEOISIE   

Selon le député caquiste d’Orford, Gilles Bélanger, le Memphrémagog se classe aujourd’hui en Amérique du Nord dans le top 3 en termes de richesse foncière autour d’un lac. 

Pour la sociologue Julia Posca, auteure du Manifeste des parvenus (un ouvrage sur l’élite québécoise), le lac est depuis plus de 100 ans un lieu de rassemblement de la haute bourgeoisie d’affaires. 

«Y’a un enjeu de démontrer qu’on a des moyens et qu’on appartient à l’élite. [...] Les gens vont vouloir afficher leur richesse [au lac Memphrémagog] pour affirmer leur statut social», a-t-elle expliqué en entrevue.

La gang du lac, un concept encore d’actualité?  

Y a-t-il encore une gang du lac Memphrémagog? Cette expression, popularisée par un article du magazine Affaires Plus en 1993, faisait surtout référence à un groupe d’entrepreneurs francophones, proches des libéraux, fréquentant le lac dans les années 1980 et 1990. 

«Québec inc. est devenu Memphrémagog inc.», écrivait le journaliste Jean- Benoît Nadeau dans l’article intitulé La Gang du Lac

Il parlait entre autres d’une «filière sherbrookoise» incluant l’ancien ministre libéral et homme d’affaires Paul Gobeil, l’ex-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec Guy Savard et Claude Boulay, fondateur du groupe Everest (lequel s’est retrouvé plus tard mêlé au scandale des commandites). 

ROBERT BOURASSA   

Selon le résident Daniel Latouche, la location d’une maison au lac par le premier ministre Robert Bourassa dans les années 1980 a contribué à l’impression d’un lieu de pouvoir au lac. 

«Il y a bien des gangs du lac Memphrémagog. Elles reflètent toutes une certaine aisance économique», dit-il à propos de la situation actuelle. 

Selon lui, les très riches établis autour du lac ne fréquentent pas nécessairement les pro- priétaires d’habitations plus modestes. 

La politique est moins présente qu’avant autour du lac, estime-t-il. 

L’ancien ministre et député libéral Gaétan Barrette n’en a pas moins acquis en 2015 une propriété en bordure de l’eau pour 1,3 million $, dans le hameau Georgeville, à Stanstead. 

De son côté, Vincent Duhamel, un ex-banquier, a acheté une résidence pour 4,5 M$ en 2018, non loin de nombreuses propriétés appartenant à Paul Desmarais Jr. 

Lors de la dernière élection fédérale, il s’est présenté pour les conservateurs dans Brome-Missisquoi, confiant au Globe and Mail être tanné de jouer au golf. C’est finalement la candidate libérale qui a gagné.

GOLF   

Selon Joël Côté, un ancien employé du Club de golf Memphrémagog, l’ex-président français Nicolas Sarkozy était présent au lac lors d’une fête de mariage d’un des enfants de la famille Desmarais dans les années 2010. 

Dans son livre Mes histoires, l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien raconte avoir joué au golf avec l’ex-président américain Bill Clinton en 2017.

Un golf «écologique» qui multipliait les infractions environnementales

 

Un club ultra-sélect affiche une attestation écolo, mais son aménagement s’est fait au mépris des règlements

Memphrémagog

Capture d'écran, hélicoptère TVA Nouvelles

Ce n’est pas d’hier que des constructions autour du lac Memphrémagog causent des dommages à l’environnement. Il y a quelques années, un golf ultra-select et présenté comme très écologique a aussi pollué l’eau, selon des documents obtenus grâce à des demandes d’accès à l’information. 

Le Club de golf Memphrémagog, qui attire le 1 % des plus riches du Québec, n’a pas respecté le certificat d’autorisation qui lui avait été délivré par le ministère de l’Environnement lors de son aménagement au milieu des années 2000. 

«À au moins six reprises, lors d’inspections terrain, des panaches de turbidité ont pu être observés dans la baie Price où se jette le cours d’eau qui draine majoritairement le site du terrain de golf», souligne un rapport de 2006 obtenu par notre Bureau d’enquête. Le rapport a été préparé par la biologiste Hélène Robert, du ministère. 

La liste d’infractions recensées est longue : informations inexactes ou incomplètes fournies par le promoteur, des- truction de l’intégrité d’un cours d’eau protégé, non-conservation d’une bande tampon, absence de mesures pour limiter les risques d’érosion, etc.

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POURSUITES ENVISAGÉES   

Selon ce qu’avaient rapporté à l’époque des médias, des poursuites pénales ont même été envisagées, sans finalement être déposées. 

«Ça a été fait en sans-dessein», se remémore l’environnementaliste Robert Benoit. Selon ce dernier, le devis approuvé par Québec pour l’aménagement du terrain de golf n’a pas été respecté lors de la construction. L’ironie est que le club de golf se targue aujourd’hui d’être parmi les plus écologiques sur la planète. En 2011, il a obtenu l’attestation Audubon International Cooperative Sanctuary Program for Golf, une reconnaissance attribuée à 2300 terrains de golf dans le monde. 

Joël Côté, un ancien employé avec qui notre Bureau d’enquête s’est entretenu, a décrit ce golf comme extrêmement luxueux. 

«C’est un autre monde», dit-il. 

Il raconte que des membres arrivent en hélicoptère et sont attendus par des valets qui les amènent ensuite en voiture jusqu’au chalet du club. 

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GRANDS CRUS   

Une équipe d’une trentaine de personnes, dont un sommelier et une pâtissière, est entièrement dédiée aux membres, d’après M. Côté. Il dit avoir personnellement transporté des caisses de vin de dizaines de milliers de dollars contenant des grands crus. 

Selon des sources, il faut aujourd’hui payer 300 000 $ pour devenir membre, plus des frais de 100 000 $ par année. L’ex-PDG de Bell Jean Monty, Paul Desmarais Jr., feu Guy Savard et Dennis Wood faisaient partie des promoteurs du projet dans les années 2000. 

En 2008, Le Journal avait rapporté que la légende du golf Gary Player avait participé au tournoi d’ouverture. 

«La compagnie de Gary Player demande dans les 200 000 $ pour une sortie d’affaires de son célèbre président», rapportait le journaliste. 

«La présence de ce golf peut attirer des visiteurs susceptibles d’investir au Québec», avait affirmé Paul Desmarais Jr., tel que cité dans une décision en 2003.                             

  • Par ailleurs, selon des données obtenues par notre Bureau d’enquête, le Ministère a transmis à diverses personnes et organisations un total de 177 avis de non-conformité à la réglementation envi- ronnementale dans la MRC Memphrémagog depuis le 1er janvier 2018.         

 

Les marinas, des lieux de convoitise  

La marina du Yacht Club St-Benoît, à côté du lac Memphrémagog.

PHOTO TIRÉE DU SITE DU YACHT CLUB ST-BENOIT

La marina du Yacht Club St-Benoît, à côté du lac Memphrémagog.

Les emplacements pour stationner son bateau autour du lac Memphrémagog sont de plus en plus convoités, au point que ça joue du coude pour agrandir en douce les marinas existantes. 

«Une place pour un bateau sur le lac, ça vaut de l’or», explique l’avocat Benoît Galipeau, du cabinet Archer à Granby. 

Selon lui, il y a actuellement une interdiction d’ajout de nouvelles places pour des bateaux autour du plan d’eau. Du coup, on tente de gagner de la place dans les espaces existants en enfreignant parfois la loi. 

En 2019, le Yacht Club St-Benoît, situé dans la baie Sargent, a ainsi tenté de faire passer sa superficie de sa marina, de 8200 à 10 833 m2, tout en conservant officiellement le même nombre de places. 

Une demi-douzaine de résidents du coin, représentés par Me Galipeau, ont contesté le projet, qui aurait eu pour effet d’empiéter devant leurs propriétés, selon leurs allégations. 

EN CACHETTE   

En avril 2021, la juge Johanne Brodeur, de la Cour Supérieure, leur a donné raison. Elle a annulé l’attestation de conformité qui avait été accordée par la Municipalité d’Austin. Elle a estimé que le projet avait été délibérément présenté de manière opaque. 

«Les agissements de Yacht Club démontrent qu’il anticipait une réaction défavorable de leurs voisins», souligne-t-elle. 

Au début août, deux autres propriétaires d’une résidence secondaire au lac Memphrémagog, Benoit Lemieux et Geneviève Letendre, se sont aussi adressés à la Cour pour empêcher un agrandissement d’une autre marina, dans le prestigieux secteur de «l’Anse». 

«Aucun propriétaire ne peut prétendre à des droits supérieurs à ceux des autres propriétaires riverains», plaident-ils.

 

Feu vert à la location sur Airbnb à Magog  

Un projet de «condotels» au centre-ville de Magog qui a obtenu à la fin juillet le feu vert des autorités municipales ouvre la porte à la location à court terme à grande échelle, selon des opposants.

Le conseil municipal était très divisé, puisque quatre conseillers sur huit ont voté contre. C’est la mairesse, Vicki-May Hamm, qui a finalement tranché. 

Selon le promoteur William Belval, 29 unités locatives de luxe et un espace commercial seront aménagés dans l’immeuble de la rue Principale où se trouvait anciennement un magasin Rossy.

Des rénovictions  

L’idée est de louer sur la plateforme Airbnb les unités, qui offrent une vue sur le lac Memphrémagog, a indiqué le promoteur en entrevue. Des hauts plafonds et des comptoirs de granit seront installés, selon lui.

«Avec ce projet-là, on a ouvert grand la porte à des rénovictions. [...] Y a un paquet de logements permanents qui pourraient changer pour des Airbnb», a prédit Nathalie Pelletier, une des conseillères opposées et candidate à la mairie.

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La conseillère municipale et candidate à la mairie de Magog Nathalie Pelletier.

Des résolutions entérinées par la Ville favorisent ce type de développement, dit-elle. 

«Magog a une énorme pression pour du développement», estime Mme Pelletier.

Plusieurs infractions  

Par ailleurs, William Belval n’en est pas à son premier projet qui ne fait pas l’unanimité. Une autre de ses entreprises est impliquée dans un projet dans le canton de Stanstead, qui est au cœur d’un litige avec le ministère de l’Environnement.

En 2017, Domaine Memphrémagog-sur-le-Lac a été déclarée coupable de quatre infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement. Une amende de 60 000 $ a été imposée.

«L’entreprise a exécuté des travaux ou ouvrages dans un marécage, un marais, une tourbière et dans le littoral du lac Memphrémagog, sans avoir obtenu préalablement un certificat d’autorisation», avait indiqué le ministère dans un communiqué.

Une sanction administrative pécuniaire de 10 000 $ a été émise à l’entreprise le 27 février 2020 pour non-respect d’une ordonnance.

M. Belval nous a dit au téléphone n’avoir aucun commentaire à faire à ce sujet.

Le Ministère nous a écrit que le dossier était toujours judiciarisé et que d’autres recours n’étaient pas exclus.

Des amendes trop gentilles

De son côté, la mairesse d’Austin, Lisette Maillé, croit qu’en général, les amendes imposées aux projets autour du lac Memphrémagog ne sont pas assez dissuasives.

«Quand on a des règlements sur les aménagements et que la loi fixe des amendes maximales, [...] parfois c’est [plus simple] d’incorporer les prix des amendes dans le travail. C’est malheureux», déplore-t-elle.

 

Petit projet avec arbre centenaire abattu   

Un nouveau projet de six condos de luxe sur la rue Merry Sud suscite l’inquiétude de résidents de Magog. 

Les six unités doivent se vendre entre 1,3 et 1,7 million $. Elles prendront la place d’un bungalow qui sera détruit. 

«Ça vient dénaturer l’environne- ment et cacher notre vue à nous», affirme Jean-François Moreau, un Magogois installé dans un immeuble à proximité. 

Un magnifique arbre mature (photo) sera coupé pour faire place à une piscine. Le promoteur Daniel Lambert assure que tout est fait dans les règles de l’art.

Immobilier

Capture d'écran, TVA Nouvelles

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