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Crise sécuritaire en Haïti: la diaspora «dépassée par les événements»

Samedi, plus d'une quinzaine de citoyens américains missionnaires et leurs familles ont été enlevés par un gang criminalisé tout près de la capitale. Le gang, reconnu pour s'attaquer à des organisations religieuses, aurait détourné plusieurs véhicules qui circulaient sur des axes routiers.

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Au moins un Canadien ferait partie du groupe qui aurait été enlevé en revenant d'un orphelinat, selon plusieurs médias américains. 

Depuis le début de l'année, 600 cas de kidnapping ont été recensés au pays. 

Les enlèvements se multiplient depuis le début de l'année et des ravisseurs réclament parfois un million de dollars de rançon. À Montréal, nombreux sont les Haïtiens qui constatent ce qui se passe là-bas. Envahis d'un sentiment d'impuissance, plusieurs s'inquiètent pour leurs proches.

«Je suis en sécurité, mes enfants ne sont pas en sécurité. Comment je peux vivre?», dit l’une d’entre eux.

Réunification familiale

Les démarches pour les Haïtiens résidant au Canada pour faire venir leur familles sont longues et complexes, et certains perdent espoir.

«J'ai épuisé toutes les portes, malheureusement ça n'a pas marché. Je me sens dépassé par les événements», raconte un homme.

«La communauté est indignée de ce qu’il se fait en ce moment en Haïti, et l’immobilisme de certains pays amis, dont le Canada, dans certains dossiers», explique Frantz André du Comité d’action des personnes sans statut, en ondes sur LCN.

Il note que le processus pour faire venir des proches qui sont en Haïti est semé d'embûches. 

«Je connais un jeune homme que ça fait 4 ans que son enfant est né, et il n’a pas pu le rejoindre, on espère que ça va être le cas prochainement», se désole-t-il. «L’aspect est extrêmement lourd et peut prendre énormément de temps. On peut parler d'un à quatre ans.»

Selon M. André, le gouvernement ne priorise pas les dossiers des Haïtiens. 

«Présentement, une des réponses qu’on a, c’est qu’on a fait venir 20 000 Afghans», souligne-t-il. «On met des priorités sur des gens qu’on vient d’accueillir sans avoir réellement de statut spécial».

M. André note qu'il y a aussi probablement une raison géopolitique à ces délais. 

«Le Canada accueille des gens qui vivent une situation précaire chez eux, on les fait venir, alors que nous avons déjà une situation précaire ici avec des familles qui sont en Haïti et qu’on devrait faire venir», a-t-il conclu.

Ottawa n'a pas retourné les appels de TVA quant à la réunification familiale. On dit être au courant des reportages des médias sur le citoyen canadien kidnappé en Haïti, et on ajoute que les représentants sur place travaillent avec les autorités locales et les ONG afin de recueillir plus d'informations.

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