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Élections municipales: deux visions des finances de la Ville de Montréal

Photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

Les finances de la Ville sont-elles fragiles, ou au contraire vont-elles bien ? La vision des deux principaux prétendants à la mairie de Montréal divergeait sur cette question, alors que leurs positions sont plutôt semblables sur de nombreux enjeux.

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«Il faut commencer par croire au développement économique pour en faire», a martelé d’entrée Denis Coderre. Pour le chef d’Ensemble Montréal et aspirant maire de la métropole, les finances de la Ville ont été malmenées au cours des quatre dernières années. Il s’inquiète notamment du niveau d’endettement de Montréal, qu’il juge à un niveau inquiétant.

«La pandémie a frappé fort. Montréal était en excellente santé financière, et tout le monde s’est mobilisé pour trouver des solutions. Pour s’en sortir, il faut travailler ensemble», a pour sa part souligné la cheffe de Projet Montréal et mairesse sortante, Valérie Plante. Au contraire de son adversaire, selon sa vision, la métropole a les reins financiers solides en cette sortie de pandémie.

Photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) avait invité les deux candidats à la mairie de Montréal afin de débattre de leur vision respective de la Ville, dans une soirée d’échange au centre Sheraton animé par la journaliste Esther Bégin.

Malgré quelques différends, les deux candidats se rejoignaient sur de nombreux points. Tous deux se sont entre autres engagés à diminuer les contraintes administratives pour les commerçants, et à maintenir la hausse des taxes foncières au niveau de l’inflation. En environnement et écofiscalité également, les deux visions proposées étaient semblables.

Au contraire des précédents débats, les deux aspirants maires ont pu échanger entre eux, menant à des discussions parfois corsées.

En matière de pistes cyclables notamment, Denis Coderre a dénoncé la vision «dogmatique» de son adversaire, qu’il qualifie d’«anti-voiture».

«Je ne suis pas anti-voiture, je suis pro-sécurité. Clairement, ça n’a pas la même signification pour tout le monde», a rétorqué Mme Plante, avant que son adversaire lui reproche de faire de la politique «sur le dos des victimes».

«Oui il y a une escouade mobilité, mais elle est pognée dans le trafic», a plus tard lancé M. Coderre sur la problématique de congestion automobile, suscitant des éclats de rire dans la salle.

«Ce n’est pas le leadership qui trouve des solutions à des problèmes complets», lui a répondu dans une pointe Mme Plante.

Divergences en habitation

Le contraste entre les deux chefs était également marqué en matière d’habitation, alors que le coût des maisons ainsi que celui des loyers explosent à Montréal.

Pour Valérie Plante, la Ville doit imposer des règlementations pour s’assurer de contrôler la situation. De son côté, Denis Coderre estime plutôt que la métropole doit densifier pour augmenter l’offre afin d’agir sur la loi de la demande.

Photo AGENCE QMI, TOMA ICZKOVITS

«La question de l’urne doit être l’habitation. Ça n’a pas de bon sens que les gens ne puissent pas se loger», s’est scandalisée Mme Plante, en ajoutant qu’il est important de travailler avec les promoteurs pour régler la situation.

«Il faut arrêter de dire que ce sont des gens qui font partie du problème. Il ne faut pas pendant trois ans et demi les ignorer et, à quelques mois des élections, s’assurer qu’ils fassent partie de la solution», a pour sa part lancé M. Coderre. Celui-ci estime que la question de l’urne devrait plutôt être la sécurité publique.

Holness exclu

Présentement troisième dans la course en termes d’intentions de vote, Balarama Holness, chef de Mouvement Montréal, n’a pas été invité au débat de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM). Une situation qu’il a dénoncée.

«La [CCMM] est une institution réputée et respectée à Montréal, mais je crois que leur décision de m’exclure vient teinter leur réputation», s’est désolé M. Holness, qui croit que cette décision envoie un mauvais message aux investisseurs.

À la CCMM, on indique que les candidats devaient recueillir au moins 10% des intentions de vote dans un sondage indépendant et présenter des candidats dans 75% des districts électoraux.

«Pour nous, c’est clair que nous avons bel et bien les prérequis», a clamé M. Holness.

Un sondage Léger commandé par Projet Montréal, et publié le 4 octobre dernier, accordait un score de 10% à M. Holness et à son parti Mouvement Montréal.

La CCMM estime que ce sondage n’est pas indépendant puisqu’il a été commandé par l’un des partis, et que les critères ne sont donc pas remplis. Elle rappelle du même coup qu’il a été réalisé avant la fusion de Mouvement Montréal et de Ralliement pour Montréal.

Un banc de neige pour manifester

Une dizaine de manifestants ont créé un banc de neige artificielle devant l’entrée du Centre Sheraton, peu avant le début du débat, pour dénoncer le «confinement que vivent les personnes en situation de handicap».

Ceux-ci demandent que la prochaine administration s’engage à déneiger les débarcadères pour personnes à mobilité réduite en même temps que les trottoirs lors d’une bordée de neige.

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