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Électricité: Encore de l’argent qui sortira de vos poches

Après l’épicerie et l’essence, l’électricité devrait faire mal aux familles québécoises avec une hausse du tarif résidentiel qui pourrait grimper de presque 3 % l’an prochain. 

Selon les experts consultés, il s’agira d’une augmentation d’au moins 2,65 % sur la facture des contribuables, ce que ne conteste pas la société d’État.

Au Québec, le résident d’une maison unifamiliale paie en moyenne 2200 $ par an en coûts d’énergie. Cette hausse représentera une dépense supplémentaire de 60 $ à partir d’avril 2022.  

Elle constitue un sommet depuis 2015 et une croissance beaucoup plus grande que celle anticipée avant la pandémie. À l’époque, le gouvernement Legault venait d’adopter sa loi 64 visant à simplifier la tarification d’électricité, alors que la pression s’accentuait pour le remboursement des trop-perçus d’Hydro. Cette loi demande à la société d’État :       

  • un gel des tarifs en 2020 ;        
  • une hausse selon l’inflation, jusqu’en 2025 ;       
  • de ne pas tenir compte de la Régie de l’énergie.              

Or, l’explosion du coût de la vie depuis l’été dernier permettra à Hydro d’aller plus loin que prévu. 

« À partir des 11 mois sur 12 de la dernière année pour lesquels les chiffres sont connus, nous arrivons à environ 2,6 % », a confirmé le porte-parole d’Hydro Québec, Maxence Huard-Lefebvre.  

Écoutez le tour des actualités de Philippe-Vincent Foisy et Carl Marchand sur QUB Radio:

Septembre à venir  

La société d’État devra ajouter le mois de septembre à ses calculs, ce qui risque d’accentuer la facture. 

« Le prix de l’essence a continué à augmenter, le gaz naturel a augmenté, la nourriture augmente. Il n’y a pas d’indication que c’est en train de baisser », a indiqué l’économiste Jean-Thomas Bernard. 

Le professeur Pierre-Olivier Pineau estime que Québec doit maintenant assumer cette décision.  

Écoutez La Rencontre Daoust-Martineau avec Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio :  

« [Cette hausse de] 2,65 %, ça reste plus élevé que les hausses des dernières années, indique le titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal. C’est ce que le gouvernement voulait : ne pas avoir à réfléchir et à justifier les hausses. Simplement installer une mécanique un peu absurde. »  

Scénario catastrophe évité  

En coulisse, le gouvernement craignait une croissance beaucoup plus forte, et ce, en pleine année électorale. L’inflation pourrait atteindre 5 % cette année, selon les experts.  

Toutefois, le calcul utilisé par Hydro permet d’atténuer les chocs tarifaires, en réalisant une moyenne sur 24 mois.  

« Ça lisse l’augmentation dans le temps. C’est pour que ça ne soit pas trop brutal », explique l’économiste Jean-Thomas Bernard, ajoutant qu’à terme, les Québécois paieront néanmoins cette hausse majeure de l’inflation. 

Le cabinet du ministre Julien n’a pas voulu confirmer la hausse prévue. La porte-parole, Geneviève Tremblay, a tenté de rassurer la population, indiquant que le calcul inscrit dans la loi est conçu pour limiter « les impacts d’une hausse rapide de l’inflation sur la facture d’électricité des Québécois. »

Depuis cette nouvelle loi et d’ici les élections, les Québécois auront sans doute subi une hausse totale d’environ 4 % sur leur facture d’hydroélectricité. 


Hausses des tarifs d’Hydro au fil des ans   

  • Prévision 2022 : 2,65 %  
  • 2021 : 1,3 %  
  • 2020 * : 0 %  
  • 2019 : 0,9 %  
  • 2018 : 0,3 %  
  • 2017 : 0,7 %  
  • 2016 : 0,7 %  
  • 2015 : 2,9 %   

* Entrée en vigueur de la loi qui gelait les tarifs pour l’année

Trop-perçus et gestion des hausses  

En 2018, la CAQ promettait de retourner aux contribuables le 1,5 milliard perçu en trop par Hydro-Québec au courant de la dernière décennie. 

Le gouvernement Legault a alors adopté une loi visant à simplifier la tarification d’électricité. 

Négociée par le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, une somme de 500 millions a été déduite de la facture des contribuables en 2020, en guise de remboursement. 

Cette même année, Québec a forcé Hydro à geler sa tarification afin d’annuler l’ensemble des sommes dues. 

Pas de négo  

Depuis, comme le prévoit la nouvelle loi, Hydro peut hausser pour les cinq années suivantes les tarifs au niveau de l’inflation, sans négocier avec la Régie de l’énergie. Durant les consultations, les estimations prévoyaient une possible hausse de l’inflation de 2 % d’ici 2023. Une décision vivement critiquée par les oppositions, car elles craignaient de fortes hausses de l’inflation.

Déjà, après un an de gel, les tarifs liés à la consommation d’hydroélectricité ont augmenté de 1,3 % en avril dernier.  

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