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Valérie Plante et Denis Coderre favorables à l’initiative du Canadien

Joël Lemay / Agence QMI

Les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Valérie Plante et Denis Coderre, se sont montrés favorables à l’initiative du Canadien de Montréal qui fera une reconnaissance des terres envers les peuples des Premières Nations avant chacun de ses matchs locaux au Centre Bell cette saison.

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Les séances du conseil municipal de la Ville de Montréal s’amorcent d’ailleurs déjà par cette marque de reconnaissance.

«J’ai été l’un des premiers à le dire. Je n’ai pas de problème avec ça. Ça peut être une marque de respect», a rappelé M. Coderre, lundi.

De son côté, Mme Plante a salué l’initiative du Tricolore. «Bien qu’il y ait des débats sur qui était où, et à quel moment, il n’en demeure pas moins qu’on ne peut pas remettre en question le fait que les autochtones étaient ici quand les Européens sont arrivés. Pour moi, de reconnaître cette réalité est la chose à faire», a souligné la mairesse sortante.

Terminologie à revoir?

Au début du texte présenté par le Bleu-Blanc-Rouge, on y mentionne que «les Canadiens de Montréal souhaitent reconnaître les Kanien'keha:ka, également connus comme la Nation Mohawk, pour leur hospitalité sur le territoire traditionnel et non cédé où nous sommes réunis aujourd'hui».

Or, l’utilisation de certains mots, comme «cédé», laisse certains – peu importe leur profession ou leur statut social – perplexes. D’ailleurs, Pierre Trudel, anthropologue et spécialiste de la situation des Autochtones au Québec et au Canada se dit un peu mal à l’aise avec l’emploi de ce terme.

«Écoutez, à Montréal, dans l’est du pays, il y a eu plutôt des traités de paix et d’alliance. La Convention de la Baie-James et du Nord québécois [signée en 1975 entre le gouvernement provincial et les Cris et Inuits de cette région] reprenait un terme. [...] Or, depuis 30 ans, on essaie de le changer dans les ententes. On n’utilise plus ce terme qui est humiliant pour les Autochtones. On n’a pas encore trouvé la formule idéale», a-t-il déclaré.

«C’est sûr que Montréal n’a pas fait l’objet de cette pratique britannique [qui s’est faite] plus particulièrement dans l’ouest du pays où on cédait des terres», a enchaîné le spécialiste.

Celui-ci mentionne également qu’il y a un débat qui continue relativement à la présence des Autochtones dans la vallée du Saint-Laurent durant les siècles passés. Les Kanien'keha:ka «soutiennent depuis des centaines d’années» qu’ils s’y trouvent, mais il spécifie aussi que «l’archéologie démontre qu’il y avait des Iroquoiens du Saint-Laurent» dès l’an 1000. Pour M. Trudel, il importe donc d’identifier de manière concise les peuples des Premières Nations concernés dans l’énoncé, mais le message transmis à l’ensemble de la population canadienne à ce sujet semble approprié à ses yeux.

«Le nouveau protocole que les Canadiens utiliseront est tout à fait correct. On tient compte de vos voisins mohawks Kanien'keha:ka et on n’affirme pas qu’ils ont exclusivement occupé ce territoire. Il y a d’autres Autochtones qui l’ont occupé; c’est long, 400-500 ans», a-t-il dit.

– Avec la collaboration de Félix Lacerte-Gauthier

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