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32 quarts de travail en TSO en 5 jours au centre des naissances de l'hôpital d'Alma

L'utilisation courante du temps supplémentaire obligatoire au centre des naissances de l'hôpital d'Alma pousse une infirmière du Lac-St-Jean à briser le silence.

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Elle le fait pour elle, mais aussi pour ses collègues qui craignent le pire dans les prochaines semaines puisqu'une soixantaine d'accouchements sont prévus en novembre sur ce département.

«On ne veut pas arriver avec des bris de services parce que c'est ce qui nous guette, a assuré la mère de famille qui préfère garder l'anonymat pour éviter les représailles de son employeur. On est épuisées. On veut que ça change, mais on ne sait plus quoi faire pour que ça change parce qu'on a l'impression d'avoir déjà tout fait.»

Le temps supplémentaire obligatoire ou «TSO», comme l'appelle le personnel infirmier, est devenu la norme au centre des naissances de l'hôpital d'Alma, selon elle.

La semaine passée, une employée est venue pour essayer un poste. «Elle n'a presque pas fait de temps supplémentaire obligatoire depuis un an et demi dans son département, a expliqué l’infirmière. Elle a refusé le poste et c'est compréhensible parce que chez nous, chaque fille en fait au moins un par semaine. Le TSO, ça fait fuir et on ne peut pas cacher ça non plus sur le département parce que c'est notre réalité.»

Pas moins de 32 quarts de travail ont été effectués en temps supplémentaire obligatoire en 5 jours, soit du 5 et le 10 octobre dernier, uniquement dans ce département.

«Ça, c'est sans compter celles qui ont accepté de faire du temps supplémentaire sur une base volontaire», a précisé la travailleuse.

Et comme plusieurs de ses collègues, la prime de 15 000 $ offerte par le gouvernement Legault pour les infirmières qui travaillent à temps complet dans le réseau ne l'intéresse pas.

«Les infirmières, ce n'est pas l'argent qu'elles veulent, mais des conditions de travail intéressantes», a-t-elle soutenu.

Taux d'absentéisme de 50 %

Les autorités régionales de la santé ne cachent pas leur inquiétude et confirment que plus de la moitié des infirmières de ce département sont actuellement absentes pour diverses raisons. Elles sont une cinquantaine en temps normal.

Au CIUSSS du Saguenay-Lac-St-Jean, on se dit conscient que cette situation entraîne une surcharge de travail considérable.

Par contre, l'arrivée prochaine de six nouvelles infirmières qui sont actuellement en processus d'orientation, permettra de faire diminuer la pression à court terme.

Ce ne sera toutefois pas suffisant pour enrayer le temps supplémentaire obligatoire.

L'équipe de gestion de ce secteur d'activités de l'hôpital d'Alma poursuit ses efforts pour trouver des solutions durables.

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