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À Québec: la solidarité est la seule solution à l'itinérance

Photo Didier Debusschère

Nous sommes des résidents et des travailleurs d’organismes de Québec qui prenons la plume aujourd’hui sur les enjeux de cohabitation vécus au centre-ville.  

Alors que certains citoyens ont pris la route de l’opposition et de la polarisation, nous tenons à exprimer notre entière solidarité autant envers les personnes qui sont dans la rue qu’avec les résidents du secteur qui sont affectés par cette souffrance qu’ils et elles côtoient tous les jours. Unissons-nous pour l’amélioration de la qualité de vie et de la cohésion sociale, cela nous serait tous et toutes bénéfiques. Pandémie 

La pandémie a eu un impact sur tout le monde: perte d’emploi, problèmes de santé mentale, stress, anxiété, hausse de consommation d’alcool, isolement. Personne n’est sorti indemne de ces mois difficiles. C’est d’autant plus vrai en ce qui concerne les plus vulnérables. 

En réalité, la pandémie a grandement exacerbé les difficultés vécues par ces populations. Des intervenants du milieu communautaire rapportent notamment une hausse de surdoses et du nombre de personnes en situation de psychose ou de désorganisation. Nous sentons que les personnes de la rue sont plus abîmées, plus fragiles, plus souffrantes. Ces dernières ont leur place parmi nous; ces «gens-là» n’ont pas à être déplacés ailleurs. Ils et elles sont des citoyens de Québec à part entière. 

Loin de nous l’idée de nier les situations problématiques rapportées par certaines personnes : il est primordial de se sentir en sécurité dans son quartier. Qu’on le veuille ou non, l’itinérance est un phénomène complexe aux causes multiples que nous ne sommes pas sur le point d’éradiquer demain matin. 

Aide nécessaire

Nous avons cependant le contrôle sur les moyens financiers que nous allouons aux ressources qui œuvrent dans les domaines de l’itinérance, de la toxicomanie et de la santé mentale. Les groupes, qui demandaient déjà depuis des années un meilleur financement public, doivent désormais déployer des efforts supplémentaires pour répondre aux besoins grandissants de la population. Nous devons être solidaires de ces organismes qui s’évertuent quotidiennement à aider les plus vulnérables. Si nous voulons un meilleur vivre-ensemble, c’est avec eux, et non pas contre eux, qu’il faut se mobiliser. Il n’est pas normal que Lauberivière ait des lits qui ne peuvent pas être occupés par manque d’argent pour engager des employés supplémentaires. 

Il n’est pas normal que l'Athénée risque de fermer par manque de fonds alors qu’il s’agit de logements sociaux pour des jeunes qui sont souvent à risque d’itinérance. Il n’est pas normal que les groupes soient perpétuellement en recherche d’employés puisque les conditions qu’ils peuvent offrir ne sont pas attrayantes. Ce sont des luttes que nous devons mener collectivement. Parce que les personnes qui vivent dans la rue et les résidents du centre-ville méritent mieux. Nous militons tous et toutes vers un objectif commun: une meilleure cohabitation dans nos milieux de vie. À long terme, un meilleur soutien au milieu communautaire est un remède dont nous pourrons collectivement bénéficier. 

Laurence Moisan-Bédard et Gabriel Arruda, citoyens du quartier St-Roch et initiateurs de la lettre, qui compte plus de 200 citoyens et travailleurs du secteur communautaire de Québec

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