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Avez-vous magasiné votre école?

Mon plus jeune est en sixième année et nous devons à nouveau vivre le calvaire de magasiner une école secondaire. Pourquoi fait-on face à ce problème au secondaire, mais pas au primaire? N’est-il pas naturel d’aller à son école de quartier avec ses amis, dans sa communauté? Et comment se fait-il que, même si on fait le choix de notre école de quartier, tous les élèves n'y aient pas accès dans le réseau public?

Les décideurs du passé ont imposé une logique de marché au système d'éducation. Nous devons maintenant collectivement en payer le prix, car notre système scolaire favorise la ségrégation scolaire et reproduit les inégalités sociales. Libre-choix, individualisme et concurrence ont supplanté égalité des chances, recherche du bien commun et vivre-ensemble. Nous sommes loin des idéaux de la Révolution tranquille.

Programmes particuliers 

Les raisons sont maintenant bien connues: le réseau privé, subventionné par des fonds publics, concurrence à armes inégales un réseau public dévalorisé et sous-financé depuis tant d’années. Le réseau public reproduit la même logique avec l’explosion de projets particuliers sélectifs pour tenter de freiner l’exode des bons élèves vers le privé.

Comme le mentionne Geneviève Pettersen: «Je ne veux pas blâmer les écoles publiques qui tentent tant bien que mal de se sortir la tête de l’eau et d’offrir des programmes ayant un fort potentiel de séduction. Ces programmes sont formidables et mes enfants y sont inscrits.»

Des milliers de parents vivent présentement ce dilemme, où l’on doit confronter nos valeurs et la défense du bien commun avec le bien individuel de nos enfants. C’est un cercle vicieux dans lequel je me sens, en tant que parent, impuissant. Nous avons dû faire face à ce dilemme avec notre plus vieux. Bien que nous ayons été réticents en consultant le fameux palmarès des écoles secondaires, nous avons fait le choix de l’école publique de quartier, mais en inscrivant notre garçon dans un programme particulier sélectif. Est-ce qu’au fond, sans vouloir nous l’admettre, la mixité sociale nous fait peur?

Équité et qualité 

Je sens qu’il y a un mouvement vers plus d’équité, car plusieurs solutions sont proposées en ce moment dans l’espace public. Il y a une volonté de la part de plusieurs acteurs de l’éducation de repenser notre système scolaire à trois vitesses qui, comme le soulevait récemment Guy Rocher, a causé un «gâchis humain». Mais ce qui m’inquiète, c’est que le gouvernement en place n’admet même pas l’existence de ce problème.

Il semble donc que c'est à nous, parents et société civile, de donner une impulsion à ce mouvement vers plus d’équité, vers une plus grande mixité dans nos écoles, et de remettre l’école au centre de nos communautés.

Je suis rempli de doutes, mais j’ai confiance dans notre collectivité et je vais continuer à m’impliquer pour qu’une vaste consultation publique sur l’avenir de l’éducation voie le jour et que le Québec se dote d’un système d’éducation équitable et de qualité pour tous.

Constantin Fortier

Gestionnaire de projet chez Stingray Musique et père de deux enfants

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