/finance/homepage

Des propriétaires d'une boutique locale punies pour un cours de peinture

Helen et Joanna Felemegos sont propriétaires, avec leurs parents, d’une boutique de jouets dans le quartier Parc-Extension, à Montréal. Elles déplorent de devoir se battre contre leur propre gouvernement, en plus d’affronter les Amazon de ce monde.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Helen et Joanna Felemegos sont propriétaires, avec leurs parents, d’une boutique de jouets dans le quartier Parc-Extension, à Montréal. Elles déplorent de devoir se battre contre leur propre gouvernement, en plus d’affronter les Amazon de ce monde.

Une petite boutique de jouets qui tente de survivre face à Amazon et aux grandes chaînes de magasins doit maintenant affronter le ministère de l’Économie. Québec lui impose une amende de 2250 $ pour être restée ouverte trop tard durant la fin de semaine. 

« Non seulement on se bat contre les grosses corporations, mais on doit aussi se battre contre notre propre gouvernement », lance Joanna Felemegos, une des propriétaires, avec sa sœur et ses parents, de l’entreprise familiale Jouets LOL Toys. 

Située dans le quartier Parc-Extension, à Montréal, la boutique vend des jeux de société et des jouets, mais aussi du matériel d’art, en plus d’offrir des ateliers d’artisanat. 

En février 2020, un inspecteur du ministère de l’Économie et de l’Innovation s’est pointé à la boutique après 17 h, un samedi. Un cours de peinture s’y déroulait. 

Quelques mois plus tard, en pleine pandémie, la famille Felemegos a reçu une amende de 2250 $ par la poste pour son infraction à la loi sur les heures d’ouverture des commerces.

« C’est une claque en pleine face. On était fermé depuis plusieurs mois. D’un côté, le gouvernement nous aide avec des mesures COVID, de l’autre, il nous tape sur la tête », constate Helen Felemegos, la sœur de Joanna. 

Écoutez la chronique économique d'Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio: 

Cette loi interdit aux commerces de rester ouverts après 17 h le samedi et le dimanche. Mais elle compte de nombreuses exceptions, comme Walmart, car on y vend de la nourriture, ou Renaud-Bray, car on y vend des livres. 

D’autres exceptions sont prévues, notamment pour l’artisanat. Giuliana Fumagalli, mairesse de l’arrondissement Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, appuie d’ailleurs Jouets LOL Toys sur cette base. 

« Ses produits d’artisanat et ateliers d’art intergénérationnels sont une partie intégrale de son offre commerciale », écrit-elle dans une lettre d’appui. 

Vieux problème  

La famille Felemegos se défend elle-même en cour dans cette affaire. Son audience devant le juge municipal aura lieu le 24 novembre prochain. 

« On veut que cette amende salée et complètement disproportionnée soit annulée. On veut aussi devenir une exception à la loi », demandent les sœurs Felemegos. 

Au ministère de l’Économie, on se déresponsabilise de l’affaire. 

« Depuis 2017, la Ville de Montréal possède le pouvoir de décréter les heures d’ouverture des commerces sur son territoire et d’émettre des dérogations », répond-on. 

En 2019, quatre disquaires du quartier Mile End, à Montréal, ont tous été frappés d’une amende de 2950 $ pour être restés ouverts après 17 h la fin de semaine. 

Les amendes ont finalement été annulées quand la mairesse Valérie Plante a inclus les disquaires dans les exceptions de la loi. 

« Pour la situation des disquaires du Mile End, à l’époque, la Ville a travaillé avec les sociétés de développement commercial et les commerçants locaux pour bien évaluer et comprendre leurs besoins. C’est ce que nous allons faire dans la situation actuelle », répond-on au cabinet de la mairesse. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.