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Estrie: cinq ans derrière les barreaux pour un père incestueux

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Un père de famille de l’Estrie qui a abusé de sa propre fille pendant des années avec de simples collations pour la récompenser a été sentencié à cinq ans de pénitencier.

De 2014 à 2019, l’individu, maintenant âgé de 45 ans, a profité d’instants de solitude avec son enfant alors qu’ils se trouvaient dans une pièce isolée de la maison pour assouvir ses bas instincts. La fillette avait entre sept et 12 ans au moment des crimes.

L’agresseur, dont nous tairons le nom afin de protéger l’identité de sa victime, demandait à cette dernière de garder le silence après avoir commis ses méfaits. Il la gratifiait avec, par exemple, un bol de chips.

La fillette a été agressée une quinzaine de fois au fil des années, mais lors de l’audience, mardi, au palais de justice de Sherbrooke, la procureure de la Couronne, Isabelle Dorion, a indiqué «qu’il pourrait [y] avoir eu plus [d’agressions]», la mémoire de l’adolescente étant floue à cet égard. Me Dorion a aussi souligné que les crimes en question avaient provoqué «l’éclatement de la famille».

Une famille démolie 

De son côté, lors de son témoignage devant la cour, la mère de la victime et ex-conjointe de l’agresseur a expliqué les difficultés que sa fille, son fils et elle-même traversent depuis la dénonciation des actes criminels par son enfant, en mars dernier.

«Depuis sept mois, notre focus à tout le monde [...] est de maintenir [ma fille] en vie», a-t-elle affirmé devant la juge de la Cour du Québec, Hélène Fabi, ajoutant que son enfant souffrait désormais de «grandes problématiques d’automutilation et d’idéation suicidaire».

En outre, la victime fait de la dissociation et dans des moments d’égarement elle se mutile avec des couteaux ou des ciseaux, sans même s’en rendre compte. En plus d’un suivi en pédopsychiatrie pour l’adolescente, la mère doit elle aussi consulter un psychologue. Quant au fils de la famille, il a perdu son modèle masculin et vit dans l’appréhension de commettre les mêmes gestes que son père, a-t-il été dit devant le tribunal.

La famille a été forcée de déménager, car la victime est traumatisée et ne peut plus habiter la demeure où les crimes ont été perpétrés.

En plus d’envoyer l’homme derrière les barreaux pour les cinq prochaines années, la juge Fabi a ordonné qu’il se soumette à un prélèvement d’ADN et qu’il soit inscrit au registre des délinquants sexuels à perpétuité.