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Les éducatrices du privé sollicitées pour travailler en CPE

Depuis la hausse salariale promise aux employés du réseau public, les CPE sollicitent les employés des garderies privées au Saguenay-Lac-St-Jean pour les embaucher.

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Depuis cinq ans, Claudia Rhainds est éducatrice à l'Univers des Tout P'tits, une garderie privée de La Baie. Faire le saut dans un CPE public lui donnerait une augmentation de salaire appréciable.

«Huit dollars l'heure, précise-t-elle. Ça fait une bonne différence! J'ai toujours dit non parce que j'écoutais mon coeur, mais peut-être que cette fois, c'est la tête qui va l'emporter!»

L’éducatrice se donne jusqu’à la mi-novembre pour décider.

Son collègue, Alex Tremblay, est également déchiré.

«Je veux rester ici parce que mon coeur est ici, partage-t-il. Mais c'est possible que je décide de partir...»

Québec devrait faire connaître l'augmentation de salaire proposée aux garderies privées au plus tard à la mi-novembre.

«Si on n'obtient pas ce qu'on veut, je devrai possiblement fermer, craint la propriétaire, Nadia Boudreault. Si je perds mes éducatrices, je ne pourrai plus opérer.»

L'Univers des Tout P'tits accueille 80 enfants et emploie 20 éducateurs et éducatrices à temps complet. Dans cette garderie privée, égaler les salaires entraînerait une hausse faramineuse des coûts facturés aux parents. L'établissement s'attend donc à quelques départs, sinon plusieurs.

«Je ne connais personne qui refuserait une hausse de salaire de huit dollars l'heure», dit la propriétaire.

La situation inquiète aussi les clients de la garderie.

Il y a 4 ans, Lily Bilodeau n'avait trouvé aucune place dans le réseau public. Ses deux enfants, de quatre ans et deux ans, fréquentent l'Univers des Tout-P'tits.

«On a mis sur la glace le projet d'un 3e bébé parce qu'on n'aurait pas de place en garderie», avance cette mère.

«On est déjà accoté financièrement, donc si les tarifs augmentent encore, ce sera au gouvernement de nous aider», poursuit-elle.

La solution proposée par la direction de ce centre privé est d’intégrer le réseau public.

Pour sa part, le personnel au privé souhaite bénéficier du même traitement qu’au public. «Tout ce qu'on demande, c'est l'équité», conclut Claudia Rhainds.

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