/news/tele

«Piégés» joue avec nos nerfs!

Brigitte Lafleur incarne l'une des prisonnières de la série «Piégés», diffusée à addikTV.

PHOTO COURTOISIE, ERIC MYRE

Brigitte Lafleur incarne l'une des prisonnières de la série «Piégés», diffusée à addikTV.

Rarement une série québécoise aura autant joué avec les nerfs des téléspectateurs que Piégés. Captifs d’un bourreau cruel, masqué et à la voix trafiquée, cinq prisonniers inoffensifs – du moins, en apparence! – luttent pour s’échapper de leur cellule, sans même savoir ce qui les a entraînés dans ce dangereux cachot. Soyez prévenus : vous suffoquerez autant qu’eux...

Vous n’êtes pas spécialement adepte d’histoires d’horreur ou de thrillers sous très haute tension? Qu’à cela ne tienne, vous voudrez quand même connaître les motivations du Chat, ce sadique geôlier qui martyrise psychologiquement ses victimes en s’amusant avec leurs pires phobies, et chez qui on décèlera éventuellement une certaine vulnérabilité. Un homme dont la production refuse de révéler l’identité du comédien qui le personnifie, question d’y ajouter encore plus de mystère.

Chacun ses démons

Colliers électriques au cou, nos pauvres torturés seront attachés, rendus fous par le supplice de la goutte ou d’un jeu de lumières, constamment observés, et devront apprendre à travailler ensemble malgré leur méfiance naturelle envers les autres pour sortir de ce mauvais pas. Ils peuvent hurler, pleurer, s’évanouir : ils ne sont désormais que des pions à la merci d’un monstre. Pas de meurtre sanglant, ici ; c’est entre les deux oreilles de ses proies que notre tyran farfouille.

On ne sait pas pourquoi ils sont là. Chacun a ses failles et ses démons. Charles (Jean-Philippe Perras), courtier immobilier et père d’une adolescente, n’est pas nécessairement digne de confiance et égocentrique. Hélène (Brigitte Lafleur) est une infirmière épuisée au dossier déontologique entaché. Alain (Martin Dubreuil), éboueur, se sent coupable du décès accidentel de sa femme qu’il visite au cimetière et est de nature solitaire et peu loquace. Sabine (Schelby Jean-Baptiste), une secrétaire juridique solitaire, a survécu au tremblement de terre d’Haïti. Et Brigitte (Brigitte Poupart) est une ingénieure survivaliste qui a appris tôt à contenir ses émotions pour éviter la violence de son père.

Le Chat, sans pitié, leur lance le défi de découvrir ce qu’ils ont en commun. C’est la clé qui leur permettra de s’évader.

Étouffant et glaçant

L’auteur François Pagé, qui surgit avec ce déroutant Piégés en six épisodes dès jeudi sur addikTV, alors qu’Après, sa première offrande dépeignant les conséquences d’une tuerie dans un petit village, s’achève à ICI Télé, a résolument un sacré talent pour rendre captivantes des trames de prime abord sordides. Le réalisateur Yannick Savard, à qui on doit cette idée tordue de Piégés, aussi. Toute l’équipe derrière le projet parle de Piégés comme d’une proposition «jamais vue» au Québec.

De mémoire, on ne peut que leur donner raison. Et le pari est réussi : il faut bien sûr aimer le genre, mais chaque heure de Piégés est étouffante, glaçante. Rapidement, on cherche le moindre indice nous permettant d’identifier le lien qui unit les cinq détenus et la raison de leur présence dans cet horrible guêpier.... et qu’on connaîtra, on nous le jure, à la fin des six rendez-vous. L’œuvre avait aussi la grande qualité de pouvoir se filmer aisément en temps de pandémie, chacun étant coincé dans sa cage.

En plus de Piégés, addikTV proposera une autre série originale dans les prochains mois, Classé secret, avec Mélissa Désormeaux-Poulin et Patrick Labbé. La chaîne a souligné avoir augmenté son auditoire de 22% l’hiver dernier.

Piégés, le jeudi, à 22h, dès le 21 octobre, à addikTV.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.