/news/coronavirus

Les cheveux du personnel de santé scrutés à la loupe pendant la pandémie

Le stress et l'épuisement provoqués par la pandémie de COVID-19 ont de lourdes conséquences sur le système de santé.

• À lire aussi: Les quarts de jour offerts aux infirmières du public

• À lire aussi: 32 quarts de travail en TSO en 5 jours au centre des naissances de l'hôpital d'Alma

La première partie d’une étude dirigée par une chercheuse et psychiatre de l’Institut de cardiologie de Montréal révèle des données préoccupantes.

Trois mois après le début de la pandémie de COVID-19 en 2020, 52% des travailleurs du milieu de la santé ont été victimes d’un épuisement professionnel, montre la recherche menée par la Dre Judith Brouillette.

Avant la pandémie, ce pourcentage de «burnout» professionnel chez les médecins, infirmières et préposés s’établissait plutôt à 30%.

Près de 24% de ces employés en détresse avaient des symptômes élevés de stress post-traumatiques, 23% souffraient d’anxiété et 11% de dépression. 

564 travailleurs de la santé ont participé à l'étude dirigée par la Dre Brouillette.

C’est grâce à l’analyse des cheveux des participants que la docteure a pu évaluer le stress cumulé. 

Celle-ci compte suivre les patients qui ont participé à la recherche en analysant les mèches de leurs cheveux.

«Le cheveu nous donne un aperçu de l’accumulation d’une hormone de stress, le cortisol, qui s’accumule au fil du temps. En prélevant les cheveux trois mois après le début de la pandémie, les premiers trois centimètres nous montraient le cortisol accumulé depuis le début de la pandémie. Ceux qui avaient les cheveux assez longs pour nous donner un six centimètres, on voyait sur les trois centimètres plus loin, ce qui correspondait à l’accumulation avant la pandémie. Donc on pourrait avoir un portrait de niveau de stress biologique avant et pendant la pandémie et la différence entre les deux», explique la psychiatre Brouillette à TVA Nouvelles. 

Dans quelques mois, Dre Brouillette va publier la deuxième partie de cette étude. 

Des demandes d'aide plus nombreuses

Le programme d’aide aux médecins du Québec, le PAMQ, a constaté des hausses importantes des demandes d’aide. 

Si le PAMQ enregistrait environ 1800 demandes par année, elles ont augmenté à 2100 en 2020, et elles risquent de continuer de grimper.  

«Ça peut être de l'anxiété, des troubles de l'humeur, des enjeux d'organisation de travail», explique Dre Marie-Chantale Brien, médecin-conseil au Programme d'aide aux médecins du QUébec. 

La détresse se fait sentir partout dans le réseau, dont dans l'est de Montréal. 

«On a 550 employés qui sont actuellement en invalidité sur un peu moins de 5000 membres, donc 11% de nos membres sont actuellement en invalidité», dit Denis Cloutier, président du Syndicat des professionnels en soins de l'Est-de-l'Île-de-Montréal.

«Là-dessus, il y a une grande partie d'entre eux que c'est relié à des maladies connexes au stress au travail. Les infirmières sont cinq fois plus représentées que la population en général.»

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.