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Mairie de Québec: débat corsé et échanges musclés

Photo Stevens LeBlanc

Le ton a monté lors du débat télévisé entre les cinq candidats à la mairie dans un exercice où Marie-Josée Savard a trébuché sur plusieurs questions en lien avec la gestion de la Ville. 

Le débat diffusé à Radio-Canada adoptait une formule différente, dans laquelle le modérateur posait 10 questions aux candidats sur des sujets qui touchent l’administration municipale. 

Obtenant le plus faible score, 4 sur 10, Mme Savard s’est trompée notamment sur le montant de la dette, la masse salariale et le coût d’un billet d’autobus. Sur ce dernier point, elle croyait que c’était gratuit depuis le début de la pandémie.

Après le débat, ses adversaires n’ont pas hésité à critiquer ce résultat. « Mme Savard était quand même vice-présidente du comité exécutif depuis quatre ans, c’est surprenant et décevant. Tout le monde a réalisé ce soir que Mme Savard ne connaît pas ses dossiers », a lancé Jean-François Gosselin. 

Jean-François Gosselin, Jean Rousseau, Marie-Josée Savard, Jackie Smith et Bruno Marchand ont croisé le fer, hier, et les échanges ont été corsés sur les sujets des services publics, du patrimoine et du transport.

Photo Stevens Leblanc

Jean-François Gosselin, Jean Rousseau, Marie-Josée Savard, Jackie Smith et Bruno Marchand ont croisé le fer, hier, et les échanges ont été corsés sur les sujets des services publics, du patrimoine et du transport.

« Ça manque de sérieux » et c’est « inquiétant », estime M. Rousseau.

La candidate, qui se présente depuis le début de la campagne comme celle qui maîtrise ses dossiers, a lancé en conclusion de débat : « Je connais bien ma ville même si j’ai eu 4 sur 10 tantôt dans le quiz. » Elle n’a pas voulu se défiler et estime qu’elle n’est « pas bonne dans les quiz », mais juge que cela ne remet pas en doute sa capacité de gérer la Ville. 

« J’ai de la difficulté à croire que les gens vont s’arrêter à un quiz pour savoir si la personne a les compétences pour être à la mairie. Dans ce cas-là, on va arrêter de faire des campagnes électorales et on va faire un quiz. » 

Gestion des services publics

En tout début de l’exercice, sur la question de la gestion des services publics, l’administration de Mme Savard a été mise sur la sellette. À son adversaire Bruno Marchand, qui venait de déplorer le « mépris » de l’administration Labeaume envers les employés, elle a répliqué : « Je veux juste demander à M. Marchand comment il était avec ses employés à Centraide pour considérer que les employés à Québec sont méprisés. » Elle n’a pas précisé lorsque M. Marchand lui a demandé ce qu’elle voulait insinuer. 

Feu nourri

Mme Savard a aussi essuyé un feu nourri des autres candidats, qui ont souligné que les années Labeaume, parfois houleuses avec les employés, ont nui à la motivation des troupes. Jackie Smith a parlé d’« intimidation » et de « relation toxique ». « Ça fait mal encore, le passage du maire », a soutenu Jean Rousseau.

Les candidats ont déploré le bilan de la candidate Savard sur le patrimoine. « Mme Savard est responsable du dossier du patrimoine et c’est l’absence totale de leadership », a asséné Jean Rousseau. Jean-François Gosselin a rappelé le rapport du vérificateur général qui faisait mention des lacunes de l’administration dans ce domaine. 

Celle-ci s’est défendue en disant qu’il faut des ressources pour établir l’inventaire des édifices patrimoniaux.

« La mauvaise nouvelle qu’on a appris ce soir, c’est que Mme Savard va encore s’occuper de patrimoine. [...] Quelle histoire tragique ! » a lancé M. Marchand.

Gosselin talonné sur son métro

Sur le transport, Jean-François Gosselin a martelé que son métro léger est la solution pour Québec, mais il a été talonné sur les coûts de son projet. « On est dans une crise de désinformation. Il y a des trous de logique là-dedans. On pourrait passer un métro complet, léger ou lourd, dans les trous de logique », a lancé Mme Smith.

« Vous avez des tunneliers dans votre cour ? » a demandé avec sarcasme M. Marchand, jugeant impossible que le métro coûte le même prix qu’un tramway. 

S’adressant au public, M. Gosselin a demandé : « Comment voulez-vous vivre les prochaines années de votre vie ? Dans la poussière, dans la congestion ou dans la tranquillité pendant qu’un tunnelier creuse sous vos pieds ? »

Ce que les candidats à la mairie ont dit  

« Vous avez 237,5 millions $ depuis quatre ans de surplus. Vous avez surtaxé les citoyens et les commerçants. [...] Une ville est pas là pour faire des profits. »

— Jean-François Gosselin à Marie-Josée Savard

« Il y a des gens qui vivent encore cette période néfaste, un climat de confrontation. C’est triste à dire, Mme Savard, mais c’est encore présent dans votre administration. »

— Jean Rousseau

« Vous voulez ralentir le développement le long du tracé et refiler la facture aux locataires et aux acheteurs. »

— Marie-Josée Savard à Bruno Marchand

« Ce que les hommes sur la scène ici semblent dire, c’est qu’ils ont honte d’avoir de l’itinérance, que c’est un échec. »

— Jackie Smith 

« En 2017, M. Gosselin, aux élections, vous étiez contre les projets de transport structurant parce que vous disiez : “C’est seulement au centre-ville.” Votre métro léger, il a beau être léger et être magique, il est quand même juste au centre-ville. »

— Bruno Marchand

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