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Une dame inconsciente aurait été agressée

L’ex-député libéral André Chenail, 75 ans, quelques minutes avant le début de son procès pour agression sexuelle, mercredi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Photo Pierre-Paul Poulin

L’ex-député libéral André Chenail, 75 ans, quelques minutes avant le début de son procès pour agression sexuelle, mercredi, au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield.

Le tribunal a eu droit à des versions diamétralement opposées, mercredi en Montérégie, à l’ouverture du procès d’un ancien député du Parti libéral du Québec accusé d’agression sexuelle.

André Chenail, 75 ans, est resté de marbre devant le témoignage de sa victime alléguée, dont l’identité est protégée par une ordonnance de la cour. 

La dame a expliqué que l’ex-député et ancien maire de Sainte-Clotilde l’aurait invitée à son domicile en décembre 2018 afin de lui remettre une bouteille de vin en guise de remerciement pour un service rendu. Sur place, il l’aurait alors conviée à prendre un verre avec lui. 

Vague souvenir  

Sauf qu’après moins de deux consommations, a-t-elle soutenu, elle ne garde pour seul souvenir qu’une image de l’homme sans chandail près d’elle et la sensation d’être agressée sexuellement, avant de retomber inconsciente.  

Étourdie, le visage enflé, l’entrejambe douloureux et les lunettes brisées, elle se serait réveillée nue le lendemain sur le divan de Chenail, du vomi dans les cheveux. Ses vêtements traînaient sur le plancher et elle ne trouvait plus ses lunettes, a dit la quinquagénaire au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. 

« J’étais en état de choc. Je ne savais pas ce qui s’était passé. J’ai trouvé mes vêtements par terre, je les ai enfilés. [...] Puis, il est descendu. Il m’a dit qu’il avait eu du plaisir. Je lui ai demandé où étaient mes lunettes. Il s’est rendu à la cuisine et me les a apportées », a-t-elle relaté, bien droite devant le juge. 

La femme s’est rendue à l’hôpital quelques jours plus tard pour compléter une trousse médicolégale destinée aux victimes d’agressions sexuelles. Des scans au cerveau ont alors révélé qu’elle souffrait d’une commotion cérébrale. 

« Je ne suis jamais tombée, je n’ai jamais cogné ma tête avant cette soirée », a-t-elle martelé devant le juge. 

« Il m’a dit que j’étais tombée et que je m’étais cogné la tête, mais ça ne lui donne pas la permission d’avoir des relations sexuelles avec moi », aurait aussi texté la victime à sa fille le lendemain des événements, selon ce qui a été rapporté mercredi.

Deux versions  

Le septuagénaire, qui a plaidé non coupable en novembre 2019, a été appelé à la barre pour donner sa version des faits, qui s’oppose en tout point à celle de la victime. 

Les deux ne parviennent même pas à s’accorder sur la langue dans laquelle ils ont échangé le soir des événements. 

Selon Chenail, il ne l’aurait pas invitée à se rendre chez lui : elle s’y serait présentée. Puis, au moment où lui était à la salle de bain, il aurait entendu un « boom pas normal » en provenance de sa cuisine. 

« La chaise était virée sur le côté, [la victime alléguée] était par terre », a-t-il soutenu. 

Il dit l’avoir aidée à se relever et qu’elle se serait étendue dans le salon, avant de vomir. 

Le témoignage d’André Chenail se poursuivra jeudi devant le juge Joey Dubois.

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