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Élections municipales à Montréal: le quart des candidats n’habitent pas l’arrondissement où ils se présentent

Sur certaines pancartes électorales comme celle-ci, installée sur le boulevard René-Lévesque Est, Projet Montréal met de l’avant l’appartenance au quartier.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Sur certaines pancartes électorales comme celle-ci, installée sur le boulevard René-Lévesque Est, Projet Montréal met de l’avant l’appartenance au quartier.

Près du quart des candidats aux élections municipales montréalaises ne résident pas dans l’arrondissement dans lequel ils souhaitent être élus.

Sur les 344 candidats aux élections montréalaises, 82 essaient de se faire élire ailleurs qu’à leur endroit de résidence a compilé Le Journal d’après les informations publiées par Élections Montréal.

Cette situation est légale, tant que les candidats résident à Montréal depuis plus de six mois.

Néanmoins, les citoyens sont en droit de se demander si une personne venue de l’autre bout de la ville sera la meilleure pour se pencher sur l’ajout de panneaux d’arrêt, la réfection de parcs ou les nouveaux projets de construction.

Même s’ils résident ailleurs, les élus sont « bien capables de comprendre les dossiers locaux », estime la professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) spécialiste de la gestion municipale, Danielle Pilette.

« C’est aux électeurs à décider s’ils préfèrent le membre d’un parti ou un candidat qui habite dans l’arrondissement », croit-elle. 

Les citoyens de Saint-Sulpice, dans Ahuntsic-Cartierville, n’auront pas ce choix puisqu’aucun candidat n’habite l’arrondissement.

Selon les enjeux

C’est Mouvement Montréal qui compte le plus de candidats dans cette situation, soit 30.

« Parfois, nous voulions un candidat fort sur un enjeu local important, comme le logement », justifie son chef, Balarama Holness.

Ce dernier s’est lui-même présenté avec Projet Montréal dans Montréal-Nord en 2017, bien qu’il n’y résidait pas et n’y ait pas grandi non plus. 

Contrôle du message

Selon Mme Pilette, il est normal qu’un « parti en émergence » comme Mouvement Montréal ait plus de candidats parachutés.

Pour Projet Montréal, qui en compte 29, la spécialiste évoque plutôt des considérations stratégiques.

Par exemple, trois des cinq candidats de la formation de Valérie Plante dans Rosemont–La Petite-Patrie résident hors de l’arrondissement.

Pourtant, quatre candidats du parti issus de Rosemont se présentent ailleurs en ville.

« Rosemont avait beaucoup d’autonomie sous l’ancien maire, François Croteau, analyse Mme Pilette. J’ai l’impression que le parti a voulu reprendre le contrôle du message politique. »

Projet Montréal, de son côté, souligne que ce sont les membres du parti qui votent pour leurs candidats, via des assemblées d’investiture.

Pour ce qui est du parti de Denis Coderre, Ensemble Montréal, sur leurs 15 candidats se présentant en dehors de leur quartier, six se trouvent dans Le Plateau-Mont-Royal, un arrondissement que Projet Montréal contrôle depuis 12 ans maintenant. 


Parti Candidats au total  Candidats résidant
hors arrondissement
%
Projet Montréal  103 29 28,16 %
Ensemble Montréal 98 15 15,31 %
Mouvement Montréal 70 30 42,86 %
Autres 73 7 9,59 %
TOTAL 344 81 23,55 %

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