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Infirmières pénalisées en cas d’absence: les syndicats véhiculent des inexactitudes, selon Dubé

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, reproche aux syndicats de véhiculer des inexactitudes par rapport aux primes de 15 000 $ offertes aux infirmières, qui seront amputées au prorata en cas d’absence, notamment en cas de maladie.    

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Lors d’une mêlée de presse à l'Assemblée nationale, le ministre Dubé a ni plus ni moins accusé les syndicats qui représentent les professionnels en soins de nuire aux efforts de recrutement des infirmières.  

Selon nos informations, il en veut plus particulièrement à une section régionale de la FIQ (Chaudière-Appalaches), qui a fait circuler une liste de situations où la prime d’attraction et de rétention pourrait être affectée à la baisse ou pire, être annulée.  

Le document en question donne entre autres l’exemple d’un « seul retard au travail de 15 minutes », qui pourrait occasionner « un remboursement » de la prime.  

«Ce n’est pas vrai qu'une personne qui arrive en retard, on ne paiera pas la prime de 15 000 $, a riposté le ministre Dubé. De dire ça dans un document, ça n’a pas de bon sens. [...] On n’ajustera pas pour un retard, voyons.»  

Pénalités proportionnelles   

Il a toutefois confirmé qu’en cas de congé de maladie, c’est « le principe de la proportionnalité » qui s’appliquera, c’est-à-dire que la prime sera ajustée « au prorata », comme l’indique la note syndicale.  

«J’ai dit qu’un changement de culture, ça [...] (requiert) de mettre de côté ce climat de confrontation qu’il y a eu depuis longtemps avec les syndicats. [...] Avec un document comme ça, ce n’est pas comme ça qu’on va retrouver des infirmières », a déploré M. Dubé.  

Des précisions ont aussi été apportées par voie de communiqué, jeudi matin, après que Le Devoir ait rapporté qu’une seule absence sans solde suffirait pour perdre l’admissibilité aux primes.  

C’est d’ailleurs ce que mentionne l’arrêté ministériel, soit qu’une : « personne salariée qui prend un congé sans solde ou qui ne respecte pas l’engagement convenu devient inadmissible aux montants forfaitaires et doit rembourser tout versement reçu sans qu’aucun prorata n’y soit appliqué ».  

«Un travailleur de la santé qui ne rentre pas au travail sans un avis au préalable ni une raison valable n’aura pas sa prime», a validé le ministère.  

Il a aussi confirmé que «les absences maladie court ou long terme, les congés de maternité et les absences pour visite de grossesse» entraîneront une diminution de la prime au prorata des heures de travaillées. 

La FIQ prête à contester  

«Ce n’est rien pour aider», a déploré de son côté la présidente par intérim de la FIQ, Nathalie Lévesque.  

«Le gouvernement a encore manqué sa chance de montrer qu'il était sincère dans sa démarche pour ramener les professionnels en soin dans le réseau», regrette la leader syndicale. 

La FIQ évalue d’ailleurs la possibilité de contester l’arrêté ministériel «par toutes les voies possibles». 

«Inadmissible» dit l’opposition   

«C'est inadmissible de retirer sa prime à une femme qui fait le suivi pour sa grossesse, c'est inadmissible de la retirer pour une infirmière qui prend un congé pour vivre son deuil à la suite d'un décès de son proche», a dénoncé en chambre la porte-parole libérale en matière de santé, Marie Montpetit.  

«Voilà exactement le genre de décisions autoritaires qui font fuir les soignantes, a réagi sur Twitter le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. C’est ça, le "changement de culture" promis par la CAQ?»  

«Il me semble que c'est le mauvais signal, dans le sens qu'il me semble que c'est discriminatoire à sa face même, a commenté pour sa part le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon. Si une femme a un test de grossesse, là, pourquoi elle serait pénalisée?»  

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